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Genève resserre ses priorités de croissance autour de dix objectifs

Le canton a mis en mouvement sa stratégie économique 2030. Les autorités font le pari des hautes technologies appliquées à la santé, la finance, l’environnement et la sécurité des données. L'Etat veut aussi revaloriser son industrie et dédiaboliser le négoce des matières premières

Après un état des lieux ayant nourri une réflexion, le moment serait venu de passer à l’action. Mardi, au Campus Biotech à Genève, les autorités entourées de représentants des milieux privés, académiques et institutionnels, ont dressé les contours de l’état de mobilisation et annoncé un premier plan d’action relatif à la stratégie économique cantonale 2030, décrite en deux volumes. Du chapelet de 33 objectifs à l’origine, présenté voilà un peu plus de six mois, l’État a décidé de concentrer ses efforts sur 10 thèmes définis comme prioritaires.

Pourquoi avoir resserré le périmètre opérationnel? «Nous avons sélectionné les secteurs a priori plus réceptifs et ceux dont on fait le pari que les leviers de croissance et de création d’emplois sont les plus prometteurs, justifie Pierre Maudet, ministre genevois de la sécurité et de l’économie. L’idée est aussi d’éviter de prendre du retard dans des domaines de pointe, dont l’évolution rapide pourrait laisser Genève sur la touche si l’on reste passif.»

La phase initiale de mise en œuvre concrète, comprend ainsi des impulsions à voir fleurir les medtech, les biotech, les cleantech et la cybersécurité. «La Suisse et Genève, en particulier, bénéficiant d’un énorme capital confiance en matière de traitement confidentiel des données. J’ai pu le vérifier la semaine passée à Davos», précise le conseiller d’État PLR, par ailleurs cheville ouvrière du premier forum genevois sur l’économie numérique et la sécurité informatique.

La mise en mouvement stratégique englobe aussi à l’Internet des objets, l’e-commerce, les fintech ou encore la finance durable. Pour ces deux derniers domaines, les autorités comptent mettre à profit le Salon Sibos en septembre prochain, manifestation internationale phare des milieux financiers mondiaux.

Industrie 4.0

En sus de ces axes, le canton s’est donné pour mission d’aider l’industrie à casser son image de secteur ringard. Sachant que l’usine intelligente de demain entrouvre au contraire des perspectives alléchantes notamment en termes de contrôle et de systèmes de maîtrise de ces environnements du futur (zone industrielle 4.0).

Autre volet jugé primordial: démystifier le secteur du négoce de matières premières. L’idée, à quelques semaines des votations du 28 février sur l’initiative des jeunes socialistes sur les denrées alimentaires, est d’informer le public de manière concrète et didactique – à travers notamment un film d’animation en cours de montage – sur l’importance d’un secteur qui nourrit tout le tissu économique du canton et représente 21% de son PIB.

Le travail de coordination du canton s’adosse sur un «recentrage [préalable] du dispositif d’aide aux entreprises». Traduction: les contrats de prestation des organes de financement et de promotion (FAE et OPI), ainsi que l’incubateur Fongit, ont été revus et renforcés. Mieux, du statut de «vaisseau fantôme» il y a deux ans, l’ex-site de Merck-Serono à Sécheron – depuis rebaptisé Campus Biotech – fait aujourd’hui état d’une saturation de ses espaces pour accueillir des acteurs industriels. À tel point que l’infrastructure, actuellement en phase active de remplissage de start-up dans son périmètre Sud (Innovation Park), prévoit carrément de construire de nouveaux bâtiments. «Il n’y a pas de lieu plus emblématique pour illustrer la concrétisation de notre stratégie économique 2030», commente Pierre Maudet.

L’État, qui se donne deux ans pour mener à bien les initiatives présentées ce mardi, prévoit d’ici là de rendre compte sur l’évolution de la situation à intervalles réguliers.

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