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Pour la justice et les avocats, Benoît Violier n’a pas été victime d’une escroquerie

Tous les proches du dossier réfutent les révélations du magazine «Bilan», qui affirme que le cuisinier Benoît Violier faisait partie des victimes d’un gestionnaire de fortune de Sion, accusé d’une escroquerie portant sur plusieurs millions de francs

Le procureur général du canton du Valais, Nicolas Dubuis, est catégorique: «A ce stade de notre enquête, Benoît Violier n’est jamais apparu dans ce dossier, ni comme plaignant, ni comme prévenu.» En charge d’une affaire d’escroquerie pour laquelle un gestionnaire de fortune a été provisoirement incarcéré en juillet 2015, il précise que le cuisinier «n’a pas même été entendu comme témoin». L’instruction est toujours en cours: «Elle sera longue.»

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Le magazine Bilan affirme que le chef Benoît Violier, qui a mis fin à ses jours dimanche passé, aurait été l’une des victimes d’une arnaque portant sur la vente de vins prestigieux. Il aurait été grugé par un gestionnaire de fortune valaisan qui l’aurait poussé à investir pour acquérir des bouteilles de vin qu’il n’aurait finalement jamais reçu. Selon le magazine, le montant du préjudice subi par l'Hôtel de Ville de Crissier oscillerait entre 800 000 et deux millions de francs. Membre du conseil d’administration du restaurant, André Kudelski réfute formellement ces informations.

Avocat du gestionnaire de fortune accusé d’escroquerie, Michel Ducrot dément tout aussi catégoriquement les accusations du magazine. Pour lui, Benoît Violier n’a jamais fait partie des plaignants ou des lésés de cette affaire, et son nom n’a jamais été cité dans le dossier, pas même de manière informelle: «Mon client n’a jamais entretenu de liens d’affaires, ni même de liens d’amitié avec Benoît Violier. Il ne lui a jamais proposé des bouteilles de grand vins.»

Un «article indécent»

Pourtant adversaire du gestionnaire de fortune sédunois, l’avocat Grégoire Rey a lui aussi choisi de démentir l'implication du chef étoilé dans cette affaire. Il soutient que «ces accusations spectaculaires et mal étayées ne servent les intérêts d’aucune des parties, et jettent le discrédit sur l’enquête de la justice». Il explique que le nom du cuisinier n’apparaît qu’à une seule reprise dans le dossier, parce que le gestionnaire de fortune a invité certains de ses clients dans son restaurant. Pour l’avocat, «l’article de Bilan est indécent», et «les grandes accusations nécessitent de grandes précautions».

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