Justice

Dominique Warluzel propose d'être assigné à résidence dans une clinique privée

Le célèbre avocat genevois, détenu pour avoir tiré en direction d’une aide-soignante, demande sa mise en liberté provisoire. La défense évoque la possibilité d’un séjour en clinique avec de la sécurité privée

Dominique Warluzel, le très médiatique avocat, détenu depuis le 2 janvier dernier pour avoir tiré en direction d’une aide-soignante dans la chambre d’un palace genevois, a déposé ce lundi une demande de mise en liberté provisoire auprès du procureur en charge du dossier. Son défenseur, Me Pascal Maurer, propose qu'il soit «assigné à résidence dans une clinique privée de la place avec des agents de sécurité pour filtrer les entrées et prévenir la police en cas de problème».

Pas de collusion

Pour la défense du célèbre plaideur, détenu à l’unité cellulaire des Hôpitaux universitaires de Genève en raison des séquelles d’une grave attaque cérébrale survenue en janvier 2013, rien ne s’oppose plus à une mise en liberté provisoire. La victime du coup de feu, qui n’a pas été blessée, a déjà été entendue et confrontée avec le prévenu. La fidèle gouvernante de Dominique Warluzel, appelée sur les lieux juste après les faits, a également fait une déposition. «Le risque de collusion n’existe plus car tous les témoins directs ont déjà été entendus», estime Me Maurer. Une reconstitution est prévue début mars car les versions divergent encore sur l'emplacement des protagonistes au moment crucial.

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La défense relativise également les risques de fuite et de récidive. En raison de l’état de santé de Dominique Warluzel, qui se déplace en chaise roulante, «il n’est pas sérieux d’envisager un départ précipité». Me Maurer rappelle que les passeports ont déjà été remis en mains de justice, de même que les nombreuses armes entreposées dans le coffre de l'étude. Le défenseur ajoute qu'il n'y a pas d'antécédent qui puisse faire craindre un nouveau passage à l'acte violent.

Mesure originale

Pour rassurer le procureur Walther Cimino, le défenseur propose une mesure de substitution originale pour parer la fuite et les débordements de colère. Une sorte d’assignation à résidence dans une clinique privée avec des Securitas qui filtreront les entrées, veilleront à ce que personne n’amène une arme au prévenu et préviendront la police si une sortie est tentée. «Le Ministère public pourrait même dresser une liste des personnes autorisées» ajoute Me Maurer.

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Le procureur doit se déterminer dans les trois jours sur cette demande. En cas de refus, c’est le Tribunal des mesures de contrainte qui se prononcera. Prévenu de tentative de meurtre et de mise en danger de la vie d'autrui, Dominique Warluzel conteste avoir visé l'aide-soignante et soutient qu'elle se trouvait loin de l'endroit traversé par la balle. Deux semaines avant les faits, l'avocat avait convaincu deux de ses anciens associés de lui faire porter son pistolet. C'est un chauffeur de taxi, mari de la fidèle gouvernante, qui s'était chargé du transport.

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