Diplomatie 

La Suisse proposera ses bons offices entre l'Arabie saoudite et l'Iran

Berne représentera les intérêts de l'Arabie saoudite en Iran et ceux de l'Iran en Arabie saoudite, a indiqué le DFAE dimanche. Ryad prédit l'échec des efforts de la Russie pour sauver le président syrien Bachar al-Assad. De son côté, Téhéran a mis en garde les Saoudiens contre l'envoi de troupes en Syrie 

La Suisse représentera les intérêts de l'Arabie saoudite en Iran et ceux de l'Iran en Arabie saoudite après leur rupture de relations diplomatiques, a indiqué dimanche le Département fédéral des Affaires étrangères. Didier Burkhalter était ce week-end à Ryad. «Tel est le principal résultat d'une visite de 24 heures à Ryad du chef de la diplomatie», indique dimanche un communiqué du DFAE.

Didier Burkhalter a rencontré dimanche matin le roi d'Arabie saoudite Salman ben Abdelaziz al-Saoud ainsi que le ministre des Affaires étrangères saoudien Adel ben Ahmed al-Jubeir. Le chef du DFAE a profité de ce court voyage en Arabie saoudite pour faire le point avec ses interlocuteurs sur les «foyers de tensions dans la région, en particulier en Syrie et au Yémen», selon le DFAE.

Modalités encore à définir 

Les modalités du rôle de la Suisse dans les bons offices entre l'Arabie saoudite et l'Iran doivent encore être discutées dans le détail avec des représentants des deux pays. Un mandat de bons offices consiste, rappelle le DFAE, à assurer des services de base essentiels comme la délivrance de visas. Mais si les pays concernés le souhaitent, Berne «peut également offrir un canal de communication permettant un échange malgré l'absence de relations diplomatiques». Ce qui est actuellement le cas entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

L'aide de la Russie ne sauvera pas Bachar al-Assad

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a prédit dimanche «l'échec» des efforts de la Russie pour «sauver» le président syrien Bachar al-Assad. Il a ajouté «qu'il est impossible que cet homme (...) puisse rester au pouvoir.» La Syrie «a fait appel à la Russie qui échouera à sauver Bachar al-Assad», a déclaré M. Jubeir en conférence de presse à Ryad, en citant déjà l'échec essuyé, selon lui, par l'Iran, le Hezbollah chiite libanais et d'autres milices pro-Damas venues d'Irak, du Pakistan et d'Afghanistan. Adel al-Jubeir, dont le pays soutient des opposants au régime de Bachar al-Assad, a ajouté qu'«il est impossible que cet homme, responsable de la mort de 300'000 innocents, du déplacement de 12 millions de personnes et de la destruction de son pays, puisse rester» au pouvoir. Son départ "est une question de temps et, tôt ou tard, son régime tombera et ouvrira la voie à l'édification d'une nouvelle Syrie sans Bachar al-Assad", a déclaré le ministre saoudien.

Téhéran avertit Ryad

Plus tôt dans la matinée de dimanche, l'Iran a, de son côté, mis en garde l'Arabie saoudite contre l'envoi de troupes en Syrie après le déploiement d'avions de combat saoudiens en Turquie. «Nous prendrons les décisions nécessaires le moment venu», a averti dimanche un haut gradé de l'armée iranienne.

«Nous ne permettrons certainement pas que la situation en Syrie évolue conformément à la volonté des pays rebelles, »a déclaré l'adjoint du chef d'état-major des forces armées, le général Massoud Jazayeri, à la chaîne de télévision iranienne en arabe Al-Alam. Le journaliste lui demandait si l'Iran allait envoyer davantage de conseillers militaires en Syrie en cas d'envoi de troupes saoudiennes dans ce pays et sur les risques de confrontation entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

«De quel pays, sinon la Turquie, ces terroristes entrent-ils en Syrie ?»

«Les terroristes qui se battent en Syrie sont les hommes de l'Arabie saoudite ou des Américains ou encore des forces réactionnaires de la région», a ajouté Massoud Jazayeri. A partir «de quel pays, sinon la Turquie, ces terroristes entrent en Syrie ? Quels pays, si ce n'est les pays réactionnaires arabes, les soutiennent ?», a-t-il demandé.

«Aujourd'hui, avec les victoires de l'armée syrienne et des forces populaires, ils veulent envoyer des troupes en Syrie, mais il s'agit d'un bluff et d'une guerre psychologique», a dit Massoud Jazayeri. «L'Arabie saoudite a utilisé tout ce qu'elle avait en son pouvoir, et aujourd'hui non seulement en Syrie mais aussi au Yémen elle a échoué», a-t-il conclu.

L'Iran, principal soutien de Bachar al-Assad 

Principal soutien régional de la Syrie, l'Iran soutient financièrement et militairement le régime du président syrien Bachar al-Assad, en envoyant sur place des «conseillers militaires» et des volontaires qui se battent aux côtés de l'armée syrienne.


Publicité