Gothard

«Transférons les marchandises sur le rail»

Les opposants veulent s’assurer que les promesses soient tenues. En l’occurrence celle de favoriser le transport des marchandises par le train

Pour le comité de l’Initiative des Alpes, l’Association Transport et Environnement (ATE), les Verts et les autres formations de gauche, la défaite est d’autant plus amère que le deuxième sondage leur avait laissé espérer que le non pourrait l’emporter. Mais la tendance ne s’est pas poursuivie. Le premier sondage donnait le oui à 64%, le second à 56% et le résultat final se positionne à 57%. Malgré cela, l’ATE parle, très sérieusement, de «succès d’estime».

«On sentait que ce projet perdait des soutiens au fil des semaines. Notre campagne a été assez forte, de nombreux journaux ont pris position contre le Gothard. Nous sommes déçus que cette tendance ne se soit pas poursuivie depuis le dernier sondage. Je l’explique principalement par le fait que le Gothard représente quelque chose d’identitaire pour les Suisses. Beaucoup de gens se sont dit qu’il fallait faire ce tunnel», réagit Ilias Panchard, coprésident des Jeunes Verts suisses.

Les détracteurs du Gothard ont mené une campagne tous azimuts, exploitant à fond les possibilités offertes par les réseaux sociaux, sollicitant une multitude d’experts personnellement opposés au deuxième tube. «La chasse au sanglier se fait avec un tir dispersé pour essayer d’atteindre l’animal. Nous avons ciblé la campagne sur des milieux plus larges que ceux qui nous étaient déjà acquis. Nous avons beaucoup moins misé sur la protection des Alpes et beaucoup plus sur l’urgence d’attendre», confie le conseiller en communication François Chérix.

D’abord le rail

Cela a été payant dans l’Arc lémanique, mais insuffisant ailleurs. Les opposants veulent désormais tourner la page et se concentrer sur l’ouverture prochaine du tunnel ferroviaire de base du Gothard. «Notre priorité est désormais de nous assurer que la politique de transfert de la route vers le rail se réalise. L’objectif d’un plafond annuel de 650 000 camions en transit par la route est à portée de main (ndlr: il est descendu de 900 000 à 823 000 entre 2009 et 2014). Durant la campagne, tous ont dit que le deuxième tunnel n’avait aucun rapport avec la politique de transfert. Nous nous assurerons que cette promesse soit tenue. La nouvelle ligne ferroviaire de base du Gothard devra être utilisée en priorité pour le transport des marchandises de frontière à frontière», argumente le président de l’Initiative des Alpes, Jon Pult. «Le deuxième tunnel complique la donne. Nous ferons tout pour empêcher qu’il s’accompagne d’une augmentation des capacités de transit routier», poursuit-il.

Le comité de centre droit qui a combattu le percement de cette seconde galerie critique de son côté l'«absence de volonté politique» d’appliquer l’article constitutionnel sur la protection des Alpes, qui exige d’abaisser le nombre de camions traversant la chaîne de montagnes par les routes suisses à 650 000 par an. Membre de ce comité, Isabelle Chevalley (PVL/VD) se demande pour sa part qui va construire ce nouveau tunnel si des contingents de main-d’oeuvre doivent être introduits en Suisse à cause de l’initiative sur l’immigration.

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