Revue de presse

Le dilemme des féministes face à la burqa

L'initiative visant à interdire la burqa étant lancée, les partisans de l'émancipation de la femme sont divisés. Tous sont contre le port de la burqa, mais certains refusent de soutenir une initiative portée par des milieux conservateurs et hostiles aux musulmans

Un gros dilemme, mis en perspective par «Le Matin Dimanche». L'initiative populaire "Oui à l'interdiction de se dissimuler le visage" lancée par le comité d'Egerkingen - proche de l'UDC et à l'origine du texte contre les minarets - divise les milieux féministes.

D'aucuns, à l'instar des élus fédéraux romands Géraldine Savary, Ada Mara ou Mathias Reynard, pourtant adversaires déterminés du port de la burqa, refuseront le texte. Ada Mara s'en est longuement expliquée sur les réseaux sociaux. «C'est de la récupération et de l'instrumentalisation politique pour stigmatiser la communauté musulmane», affirme la conseillère aux Etats Géraldine Savary qui relève qu'«avec à peine un peu plus d'une centaine de cas, la burqa n'est pas un problème en Suisse». A l'initiative stigmatisante, elle préfère «une approche par le dialogue».

D'autres femmes engagées et de gauche soutiennent pourtant l'initiative. Comme l'ancienne conseillère nationale socialiste vaudoise Marlyse Dormond. Elle a confié au «Matin Dimanche» «s'être battue toute (sa) vie pour l'émancipation de la femme. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais m'arrêter.» Et de faire remarquer qu'«à l'époque, les élus, y compris de gauche, avaient estimé qu'une interdiction serait excessive. Malheureusement, aujourd'hui, ce sont les milieux conservateurs qui ont pris la main».

«Pas une île protégée»

Les suites des attentats terroristes en Belgique en bonne place dans les journaux alémanique «SonntagsZeitung et «Schweiz am Sonntag». Le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet appelle à un débat public sur la sécurité. «Nous sommes aveugles et sourds en Suisse, déplore-t-il. Au niveau fédéral, on sent une certaine réticence à reconnaître la gravité de la situation.»

Le Service de renseignement de la Confédération a «de loin en Europe» le moins de compétences. La nouvelle loi sur le renseignement est la «variante a minima», tonne-t-il, relevant encore qu'il manque un concept national durable, qui comprend également l'armée. «Nous ne pouvons pas nous considérer comme une île protégée.»

Des membres de la commission de la politique de sécurité veulent accorder plus de pouvoir au Service de renseignement de la Confédération. Les attentats de Bruxelles ont montré que «la menace terroriste est réelle. Le Conseil fédéral doit examiner s'il peut donner par voie urgente plus de compétences au service de renseignements en vertu du droit de nécessité», déclare dans la «NZZ am Sonntag» la conseillère nationale Ida Glanzmann-Hunkeler (PDC/LU).

Injures en augmentation

Si la criminalité est en recul, le nombre de plaintes pour injures augmente de manière continuelle en Suisse, révèle une statistique de la Confédération, diffusée par le «SonntagsBlick». En 2010, 4996 inculpations avaient été prononcées. En 2015, elles étaient 7873, soit une hausse de 58%.

En cause: la nouvelle procédure pénale, qui oblige depuis 2011 le ministère public à ouvrir une enquête lorsqu'une plainte pour injure a été déposée. Le plaignant n'a ainsi plus besoin d'apporter les preuves lui-même. Il est également plus facile de prouver l'infraction grâce aux réseaux sociaux et aux commentaires laissés sur les plateformes Internet.

Dividendes et rémunérations

Sujet économique et financier dans «Zentralschweiz am Sonntag». Les trente plus grandes entreprises cotées à la Bourse suisse ont distribué en 2015 environ un milliard de francs de plus de dividendes que l'année précédente, malgré le franc fort.

Selon les calculs du journal, la somme versée s'élève à 40,6 milliards de francs, en hausse de 2,6%. La rémunération des chefs de ces sociétés a atteint 197 millions de francs, ce qui correspond à une moyenne de 6,6 millions de francs.

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