LeTemps.ch | Le retable de Saint-Pierre

La Princesse des Ports Francs

Portrait d’une des filles de Ludovic Sforza, «La Belle Princesse» est désormais
attribué à Léonard de Vinci. Estimé à 150 millions de francs, ce dessin
sur vélin est à Genève. Retour sur une incroyable découverte


Une technique révolutionnaire
Le laboratoire Lumiere Technology Multispectral Institute (LTMI) vient de s’installer aux Ports Francs de Genève. «Je les ai découverts à Paris et j’ai trouvé le procédé hallucinant», raconte Yves Bouvier, directeur de Natural Le Coultre, spécialiste de l’entreposage d’objets d’art et principal transitaire des Ports Francs. «Je leur ai proposé de les aider à créer le même laboratoire ici.» Pourquoi? «Parce que plusieurs pôles de compétences sont déjà sur place, poursuit-il. Restaurateurs, photographes, encadreurs et imagerie conventionnelle: il ne manquait plus que la technologie multispectrale.» De quoi s’agit-il au juste? Le LTMI et sa caméra décomposent le spectre de la lumière réfléchie par une œuvre en 13 longueurs d’ondes, grâce à autant de filtres, à une résolution de 240 millions de pixels. A la différence de l’imagerie infrarouge traditionnelle, qui ne révèle que ce qui se trouve sous une couche de peinture, l’infrarouge multispectral permet d’isoler des images à différentes profondeurs de la couche picturale. «Notre idée, c’est de proposer aux collectionneurs un check-up complet de leurs œuvres, ajoute Jean Pénicaut, cofondateur de LTMI. Et d’offrir une nouvelle dimension à un lieu d’entreposage. Nous aimerions installer des LTMI dans tous les musées du monde. Si nous y arrivons, nous pourrons fournir un corpus multispectral complet et standardisé pour tous les artistes.» «Puisque le LTMI y est désormais, il était plus logique d’entreposer La Belle Princesse aux Ports Francs de Genève, assure Peter Silverman. Mais, c’est aussi parce que c’est l’endroit idéal. C’est ultra-sécurisé, tous les services y sont, cela permet d’économiser sur l’assurance et sur la TVA, et la zone franche facilite la mobilité de l’œuvre.»