« Survenant huit ans après le vote de principe favorable à la traversée de la Rade, et faisant suite à un renversement de la situation écono­mique, la volte-face des Genevois est le fruit d’un «changement de mentalité». S’exprimant ainsi hier soir devant le Grand Conseil, le Conseil d’Etat a fait part de son analyse de la votation du 9 juin dernier. Le gouvernement estime que «le résultat permet, par sa clarté et sa netteté, d’éviter d’empoisonner le débat politique». Ceci d’autant plus que le taux de participation est le plus élevé depuis la Deuxième Guerre mondiale pour un sujet cantonal.

Les conséquences que tire le Conseil d’Etat de ce scrutin populaire sont claires et sans équivoque. Elles sont de deux ordres et portent, d’une part, sur la politique des transports et, d’autre part, sur la politique d’investissement.

La politique des transports repose désormais sur deux piliers: le développement des transports en commun et l’utilisation optimale de l’autoroute de contournement. Le gouvernement déclare qu’un effort accru sera réalisé pour accélérer l’essor des transports publics en y affectant les 250 millions de francs prévus pour la construction des voies d’accès à la traversée de la Rade (liaison avec le plateau de Frontenex). Rappelons que les montants prévus pour la traversée de quai à quai – environ 450 millions – ne sont pas disponibles, puisque les ­recettes envisagées par l’augmentation de l’impôt auto et l’éventuel péage n’existent tout simplement plus.

Métro, trams, parkings

Concrètement, cet effort accru pour les transports collectifs s’effectuera autour de trois axes: création du métro léger Annemasse - Eaux-Vives - Cornavin - Meyrin - CERN, extension du réseau des trams sur les tronçons Plainpalais - Acacias - Palettes et Cornavin - Sécheron - place des Nations et enfin construction de parkings d’échanges situés à Genève-Plage, au Bachet-de-Pesay, aux Acacias et à Sécheron. Concernant le projet de métro léger, notons que le gouvernement soumettra cet automne au parlement les études de faisabilité et de rentabilité. Les députés prendront alors les décisions nécessaires au début de l’année 1997.

«Pour diminuer la circulation au centre-ville, il faut amener l’autoroute de contournement à pleine capacité», indique le Conseil d’Etat. C’est pourquoi, il proposera, dans le cadre du programme ordinaire des investissements, d’améliorer les accès à l’autoroute à Vernier, Meyrin et au Grand-Saconnex. En fonction du résultat d’études, de nouveaux accès pourraient être créés à Versoix et dans le secteur des Trois-Chêne.

S’agissant de la politique d’investissement, le collège gouvernemental entend rester fidèle à son action anticyclique. L’Etat continuera donc d’injecter, dans le cadre du plan de redressement des finances, le montant annuel de 400 millions dans l’économie genevoise, en particulier dans le secteur de la construction.

Guy-Olivier Segond, président du Conseil d’Etat, relève que la campagne sur la traversée de la Rade a été marquée par un engagement important des jeunes. «Ils se sont opposés au projet, préférant des investissements dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement et du développement durable.» Le lien est ainsi vite fait avec un projet qui passionne Guy-Olivier Segond, celui des nouvelles technologies de l’information et de son projet «Smart Geneva». Rappelons qu’il consiste à doter Genève et ses habitants d’un réseau de véritables autoroutes de l’information. […] »

« La politique des transports repose désormais sur deux piliers: les transports en commun et l’autoroute de contournement »