Cette histoire de hausse de la TVA en rappelle une autre, celle du paquet fiscal, combattu par référendum en 2004. Deux mois et demi avant la votation, qui avait été fixée au 16 mai 2004, le Conseil fédéral décida de modifier l’arrêté afin de tenir compte de la compensation de la progression à froid, que tout le monde avait oubliée.

Le paquet fiscal se divisait en trois volets: nouveau modèle d’imposition des couples mariés, réforme de la taxation des propriétaires, allégement du droit de timbre. Les services de Hans-Rudolf Merz se sont cependant rendu compte tardivement que ce projet entrerait en vigueur au moment où il faudrait compenser la progression à froid.

Cette règle exige que l’on corrige les barèmes fiscaux lorsque l’inflation cumulée atteint 7% depuis la dernière adaptation, qui datait de 1996. Sans cette correction, les contribuables risquent d’être taxés plus lourdement par le simple fait que l’indexation de leur salaire fait passer leur revenu imposable dans une catégorie imposée à un taux plus élevé. En catastrophe, le Conseil fédéral saisit le parlement d’un projet de modification de l’arrêté dix semaines avant le scrutin. Le parlement adopta cette modification en procédure accélérée. Les nouvelles déductions fiscales prévues pour les familles furent ainsi corrigées en dernière minute. Cette procédure fâcha les cantons et la gauche. Elle ne facilita pas la campagne des partisans du paquet fiscal, déjà très contesté à cause du volet consacré au logement. Le 16 mai 2004, c’est un non qui sortit des urnes.