Terrorisme

Attentats de Paris, suivi de l'enquête: cinq nouvelles interpellations en Belgique

Bruxelles vit lundi sa troisième journée d’alerte antiterroriste maximale, au lendemain d’une série d’opérations policières qui n’ont pas permis d’arrêter Salah Abdeslam, le suspect clé dans l’enquête sur les attentats. De nouvelles interpellations ont eu lieu ce matin

En résumé

  • La mobilisation diplomatique continue. Le premier ministre britannique David Cameron à Paris ce jour s'est rendu au Bataclan avec François Hollande avant d'annoncer que Londres prêtait sa base chypriote à la France pour frapper l'Etat islamique
  • Bruxelles vit un troisième jour au ralenti, l'alerte maximale est maintenue alors que des opérations de police la nuit dernière ont permis 16 arrestations, sans que la principale cible, Salah Abdeslam, soit localisée.  Cinq nouvelles interpellations ont eu lieu ce lundi matin
  • Paris a annoncé des mesures qui restreignent la circulation d'argent liquide
  • On a appris en fin d'après-midi que des frappes contre l'EI en Irak avaient été tirées depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée

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17:10. Frappes depuis la Méditerranée. L'état-major français fait savoir que les premières frappes contre l'Etat islamique en Irak tirées depuis le porte-avions Charles de Gaulle ont eu lieu aujourd'hui. 

16:50. Londres veut pouvoir frapper l'EI en Syrie. Le premier ministre britannique David Cameron a annoncé lundi qu'il présenterait jeudi devant le parlement son plan de frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, à la suite des attentats à Paris.

Cette présentation va ouvrir la voie à un vote du Parlement, à une date restant à déterminer, pour étendre à la Syrie les frappes que mène actuellement la Grande-Bretagne en Irak.

15:00.Paris restreint la circulation d'argent liquide. Comment les terroristes paient-ils leur matériel, leurs voitures, leurs planques? Le ministre français des Finances Michel Sapin a annoncé une série de mesures ce matin pour mieux tracer l'argent liquide.

Lire: Pour lutter contre le terrorisme, Paris restreint la circulation d'argent liquide

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14:00. Un douanier tué et deux blessés à Toulon. Un douanier a été tué par balles lundi matin et un autre douanier ainsi qu'un policier ont été blessés à Toulon en France lors d'une enquête sur un trafic d'armes, a indiqué l'Elysée. Aucun élément ne permet de relier cet événement de Toulon au terrorisme, a déclaré le procureur de la République de Toulon, en référence aux attentats de Paris.

La fusillade a eu lieu alors que les douanes effectuaient une «livraison surveillée». Les douaniers de Marseille se sont faits passer pour le transporteur afin de livrer un colis commandé à l'étranger contenant une culasse d'arme automatique, a précisé la source.

13:30. Cinq nouvelles interpellations en Belgique. Cinq individus ont été interpellés lundi matin lors de nouvelles perquisitions menées dans les régions de Bruxelles et de Liège, a annoncé le parquet fédéral belge. Ces interpellations portent à 21 le nombre total d'arrestations effectuées depuis dimanche soir.

«Dans le cadre de l'opération menée hier (dimanche) soir, cinq perquisitions supplémentaires ont été effectuées ce matin en région bruxelloise et deux en région liégeoise. Cinq personnes ont été privées de liberté lors de ces perquisitions», ont indiqué les procureurs fédéraux dans un communiqué.

«Au total, 21 personnes ont donc été privées de liberté depuis hier et sont actuellement entendues par les services de police», a ajouté précisé parquet. Le communiqué ne précise pas si Salah Abdeslam, le suspect-clé des attentats de Paris traqué depuis dix jours par les polices belge et française, en faisait partie.

A l'issue d'opérations de grande ampleur dimanche soir à Bruxelles et Charleroi (sud), la police avait procédé à seize interpellations, mais sans mettre la main sur Salah Abdeslam et sans trouver ni armes ni explosifs au cours de la vingtaine de perquisitions conduites à cette occasion.
 

12:00. Des islamistes français présumés renvoyé de Chypre en Suisse. Six hommes ont utilisé l'aéroport franco-suisse de Bâle pour se rendre à Chypre samedi, pour des vacances ont-ils dit. Trois d'entre eux sont fichés par Interpol comme des islamistes présumés. Ils pourraient être renvoyés en Suisse dans la journée.

Lire: Des islamistes français présumés en provenance de Bâle interceptés à Chypre

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10:30. David Cameron plaide pour des frappes en Syrie et prête une base. Le premier ministre britannique a plaidé lundi au côté de François Hollande pour des frappes britanniques contre l'Etat islamique en Syrie. Il interviendra cette semaine en ce sens devant son Parlement.

«Je soutiens absolument l'action entreprise par le président Hollande pour lutter contre Daech en Syrie et je suis convaincu que le Royaume Uni doit faire la même chose», a dit le premier ministre britannique lors d'une déclaration avec François Hollande à l'Elysée. «Cette semaine, je présenterai au Parlement britannique notre stratégie d'ensemble», a-t-il ajouté. David Cameron a également appelé de ses voeux un effort paneuropéen pour empêcher le retour en Europe des combattants de l'EI partis en Syrie.

David Cameron a aussi annoncé ce lundi avoir mis à la disposition de la France une base chypriote de l'aviation britannique pour frapper le groupe Etat islamique en Syrie.

«Aujourd'hui, j'ai proposé au président (François Hollande) d'utiliser la base de Rafakrotiri pour l'aviation française engagée dans les opérations contre Daech (acronyme de l'EI en arabe) et un soutien additionnel en ravitaillement en vol», a annoncé David Cameron. 

François Hollande a quant à lui déclaré que les frappes françaises en Syrie allaient s'intensifier. Le porte-avions Charles-de-Gaulle va permettre, a-t-il dit, de «frapper et frapper dur contre Daech», a ajouté le président français. «Nous allons choisir des cibles qui feront le plus de dégâts possibles à cette armée terroriste», a-t-il encore affirmé, en évoquant des «obligations communes» avec Londres en matière de défense.

9:00. François Hollande et David Cameron au Bataclan. Le président français et le premier ministre britannique se sont recueillis lundi matin sur le site du Bataclan.

Selon la présidence française, les deux hommes ont déposé chacun une rose devant la salle, où trois kamikazes ont tué au moins 89 personnes, dont un Britannique. Ils étaient accompagnés de la maire de Paris, Anne Hidalgo. «Le président Hollande et moi côte à côte au Bataclan», a twitté David Cameron, en publiant une photo d'eux devant un mur de fleurs, bougies et drapeaux français, érigé en mémoire des victimes. 

Ils ont ensuite rejoint l'Elysée pour un entretien sur la lutte contre le terrorisme et la Syrie, qui sera suivi d'un point de presse.

Lire: Les terroristes paralysent Bruxelles

Salah Abdeslam introuvable. Un vaste coup de filet en Belgique n’a pas permis, dimanche 22 novembre, d’arrêter Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir joué au moins un rôle de logisticien dans les attaques de Paris et Saint-Denis, et qui demeure introuvable. Dix-neuf perquisitions ont été menées dans l’agglomération bruxelloise et trois à Charleroi, selon le parquet fédéral belge, qui visaient apparemment l’entourage d’Abdeslam. Seize suspects ont été arrêtés, dont l’identité n’a pas été révélée. Un juge doit décider lundi de leur maintien éventuel en détention.

Alerte maximale maintenue. En raison d’une menace d’attentat jugée «sérieuse et imminente», Bruxelles sera de nouveau quasiment paralysée, une situation sans précédent pour la capitale de l’Union européenne. Les autorités ont décidé dimanche de maintenir une journée de plus le niveau d’alerte à son maximum dans la région bruxelloise (1,2 million d’habitants) et de prolonger la fermeture du métro. Les écoles seront fermées, ainsi que les crèches, les universités et les grandes écoles. Du jamais vu dans le royaume. Une nouvelle évaluation du niveau d’alerte et des mesures de sécurité doit être faite par les autorités belges dans l’après-midi.

EMMANUEL DUNAND

Des attaques comme à Paris. «Ce que nous redoutons, ce sont des attaques similaires à Paris, avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits avec pour cibles potentielles des endroits très fréquentés», a déclaré, le ton grave, le premier ministre belge Charles Michel. Samedi, il avait déjà évoqué ces risques et pris des mesures drastiques qui ont transformé Bruxelles en ville morte tout au long du week-end, devant le risque d’un carnage comme celui du 13 novembre à Paris, qui a fait 130 morts et 350 blessés.

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La traque de Salah Abdelslam continue. «Le nommé Salah Abdeslam n’a pas été intercepté lors des perquisitions» conduites dans six communes de l’agglomération bruxelloise et à Charleroi (sud de la Belgique), a annoncé le parquet fédéral lors d’une conférence de presse dans la nuit de dimanche à lundi. Dans un Bruxelles barricadé et quasiment à l’arrêt, la police a procédé à 22 perquisitions. «Ni arme, ni explosifs n’ont été découverts», mais la police a mis la main sur 16 personnes dont le sort devrait être connu lundi.

Parmi elles, lors d’une descente dans un snack-bar de Molenbeek-Saint-Jean, réputé fief djihadiste, un individu a été blessé par des policiers qui ont tiré lorsqu’il a dirigé sa voiture dans leur direction, selon le parquet. L’homme a été arrêté mais il est impossible à ce stade de dire s’il y a un lien entre cet incident et l’enquête antiterroriste en cours.

Retour au calme à Molenbeek. En milieu de nuit, les communes de Molenbeek et Schaerbeek, où se sont notamment déroulées les opérations, avaient retrouvé leur calme, ont constaté des journalistes de l’AFP. La circulation était extrêmement faible: seuls quelques voitures, des taxis et des véhicules de police et de l’armée étaient visibles. Les passants se faisaient très rares.

L’armée et la police restaient toutefois sur le qui-vive devant des lieux stratégiques comme la Grand-Place, la résidence de fonction du Premier ministre ou encore son bureau. Malgré cette accélération de l’enquête, Salah Abdeslam s’est évaporé dans la nature.

Ce Français de 26 ans, résidant en Belgique, a au moins joué un rôle de logisticien dans les attentats de Paris. Son frère Brahim s’est fait exploser dans un restaurant parisien le 13 novembre. «Ennemi public numéro un» pour la presse belge, il aurait été exfiltré vers la Belgique quelques heures après les attentats de Paris, selon deux hommes qui disent l’avoir aidé.

Appel de son frère à se rendre. Son frère aîné Mohamed, interviewé dimanche à la télévision, l’a appelé à se rendre. La police française a de son côté diffusé un appel à témoin, assorti d’une photo, pour identifier le troisième kamikaze des abords du Stade de France. Cet homme est passé par l’île grecque de Leros, en même temps qu’un autre kamikaze du Stade de France, qui reste non identifié.

Trois terroristes identifiés. Jusqu’ici, seul l’un des trois auteurs des attaques suicide près du stade a été identifié: il s’agit de Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique. En Belgique, un troisième suspect arrêté a été inculpé en fin de semaine pour terrorisme. Des armes ont été trouvées à son domicile, mais pas d’explosifs.

L’enquête se poursuit également en Turquie, où un Belge d’origine marocaine – Ahmad Dahmani, 26 ans – soupçonné d’avoir aider à repérer des cibles pour les attentats à Paris, a été arrêté. Dans ce climat, le président américain Barack Obama a rappelé qu’il se rendrait à la grande conférence sur le climat à Paris (COP 21), qui débute le 30 novembre, appelant les dirigeants de tous les pays à faire de même pour montrer que le monde n’a pas peur des «terroristes».

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