Union européenne

Les 27 peuvent enfin se projeter sans Londres

Réunis à Bruxelles pour un sommet, les dirigeants européens ont apprécié d’avoir un peu plus de clarté en provenance de Londres. Mais ils savent aussi que le plus dur est à venir

Maintenant, les choses sont claires. A moins d’un improbable coup de théâtre, les 27 vont donc se séparer dans quelques semaines de leur membre britannique et enfin pouvoir entamer avec lui la négociation de leur future relation, dès le 1er février. Une relation commerciale, sécuritaire ou encore culturelle, qu’ils veulent la plus proche possible mais aussi la plus fair-play possible et qui devra a priori être ficelée en onze mois avant la fin 2020, un temps record…

Informés dans la soirée de jeudi de la victoire de Boris Johnson, les 27, réunis pour un sommet européen à Bruxelles, ont rapidement envoyé leurs félicitations à celui qui leur avait pourtant mené la vie dure cet été, les menaçant régulièrement de les quitter sur-le-champ. Heureux ou pas de ce triomphe personnel de Boris Johnson, ils ont en tout cas reconnu la «victoire nette» du premier ministre, comme l’a dit Charles Michel, le nouveau président du Conseil européen. Et ils considèrent de manière générale que ce vote confirme l’envie de sortie telle qu’exprimée lors du référendum de juin 2016.

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«Le temps de la clarté»

Ils apprécient aussi de sortir du flou. «Le temps de la clarté est arrivé», a ainsi réagi Emmanuel Macron, souhaitant que le parlement britannique valide aussi vite que possible l’accord de retrait trouvé le 17 octobre. Pour les 27, longtemps tiraillés entre le souhait de laisser partir ce membre influent de leur famille et celui, incarné de manière très médiatique par le Polonais Donald Tusk, de court-circuiter complètement les résultats du référendum, une nouvelle page va donc se tourner. Les 27 vont désormais devoir considérer le Royaume-Uni comme «un concurrent», a ainsi remarqué hier la chancelière allemande Angela Merkel.

Et en réalité, le «plus dur» est à venir, a encore noté le président français, entre la mise en œuvre des éléments de l’accord de sortie (droits des citoyens, protocole et contrôle de marchandises en Irlande du Nord…), la question des quotas de pêche qui arrivera en juillet et la négociation d’un accord commercial avec un partenaire qui n’a pas caché qu’il voulait devenir le plus compétitif possible, au prix éventuellement de diverger des standards de l’UE.

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Pas «à n’importe quel prix»

La nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a rappelé des principes très simples hier: il y aura «zéro quota, zéro droit de douane» dans ce futur accord de libre-échange mais aussi «zéro dumping». Les 27, sous la houlette du Français Michel Barnier qui a été à nouveau choisi pour piloter cette négociation, surveilleront donc de près la façon dont Londres se positionne sur les normes environnementales, fiscales ou encore les aides d’Etat. Et de ces critères dépendra la générosité dans l’accès au marché européen. Et Charles Michel l’a juré hier: cet accord de libre-échange ne sera pas conclu «à n’importe quel prix».

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