A la question de savoir pourquoi ajouter 50 ch à un moteur qui en développe déjà 560, Brian Gush répond laconiquement «because we can». Parce que c'est possible. La Continental GT Speed n'est pas fondamentalement différente d'une GT «ordinaire», exception faite de ses jantes de 20pouces et de ses disques de frein en céramique. Dans sa nouvelle livrée bleu Maroc, le coupé est certes ample mais il n'a rien d'ostentatoire. Ses performances, en revanche, tiennent de l'absurde. Avec 610 ch, c'est tout simplement la Bentley la plus puissante, et la plus rapide, de tous les temps. Cela alors qu'en Angleterre on roule à 130 km/h sur l'autoroute.

Alors, bien sûr, dépasser un convoi de quatre voitures ralenties par un tracteur, sur une petite route du comté de Cheshire, relève de la formalité. Mais l'accélération est telle qu'il est nécessaire de klaxonner pendant la manœuvre, parce que les automobilistes dépassés n'ont pas le temps de vous voir. Comme si vous étiez un motard.

Dans les courbes prises à vive allure, la transmission intégrale interdit à la voiture de dériver ne serait-ce que de quelques centimètres, même si l'on arrive un peu trop vite. On se demande tout de même pour qui tant de puissance est nécessaire, et Brian Gush répond qu'il l'ignore, ajoutant qu'il vaut mieux susciter le désir plutôt qu'y répondre. «La tendance actuelle est d'offrir beaucoup de puissance, puis de la brider au moyen d'aides à la conduite; nous avons fait exactement le contraire, parce que la voiture en est capable. Augmenter la puissance mais la transmettre à la chaussée de manière à ce qu'elle n'ait pas à être freinée. C'est toute la différence d'une Bentley», explique-t-il.

Expérience faite, c'est juste. Et même la consommation de cette GT Speed n'est pas une honte, lorsqu'on la compare au style de conduite et aux prestations: un peu plus de 17 litres aux 100.