En France, une institution islamique privée offre une formation aussi bien pour les imams que pour les enseignants islamiques. Une université privée, l’Institut catholique de Paris, a par ailleurs mis sur pied, en 2008, une formation continue à l’intention des imams et des cadres religieux de toutes confessions. Agréée par l’Etat, la formation comprend une initiation au droit, au système politique français, aux autres religions et à la gestion financière d’une mosquée. Les premiers diplômes du module «religion, laïcité, et interculturalité» ont déjà été délivrés. Le but reste celui d’appendre aux religieux musulmans à travailler sans heurts dans une société occidentale. La Sorbonne avait refusé d’accueillir ces cours, au motif qu’ils ne sont pas ouverts à tous les étudiants.

En Allemagne, des filières de formation ont été créées dans plusieurs universités et hautes écoles pédagogiques pour les enseignants en religion islamique, mais pas pour les imams. Une école privée s’y est, elle, attelée. Vingt-cinq jeunes hommes, de 18 à 25 ans, ont réussi en début d’année leur examen d’entrée à l’Institut Buhara . L’école n’est pour l’instant pas reconnue par les autorités scolaires et universitaires de Berlin. Deux cycles de trois ans sont prévus.

Aux Pays-Bas, deux universités offrent des filières de formation aux imams. Mais ces formations ne sont pas ouvertes aux enseignants en instruction religieuse islamique, car depuis les années 1980, une branche obligatoire intitulée «courant spirituel», donnant des informations confessionnellement neutres sur les cultures et les religions, a été introduite dans toutes les écoles publiques.

La Grande-Bretagne? Elle propose une offre relativement variée de formations pour les imams, «mais on ignore encore si elles préparent vraiment les candidats aux exigences quotidiennes et concrètes de leur profession», souligne l’étude du Fonds national suisse.