Syrie

Alep, une «honte» pour la communauté internationale, lance Angela Merkel

Réélue mardi à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel qualifie de «honte» l’incapacité de la communauté internationale à venir en aide à Alep

Angela Merkel a qualifié mardi de «honte» l’incapacité de la communauté internationale à venir en aide à Alep. La chancelière allemande a pointé du doigt la responsabilité du régime syrien et de ses soutiens russe et iranien.

Lors du congrès de son parti, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), elle a exprimé la «honte de n'avoir pu mettre en place des couloirs humanitaires. Le combat contre la menace asymétrique du terrorisme islamiste devrait être mené en commun, mais au lieu de cela la Russie et l’Iran soutiennent le régime dans son action brutale contre sa propre population». 

A l'issue de ce congrès, Angela Merkel a été reconduite à la tête de son parti, avec un score toutefois inférieur à celui de 2014. La dirigeante conservatrice a obtenu 89,5% des voix sur le millier de délégués réunis dans la ville d'Essen, dans la Ruhr, où elle avait accédé il y a seize ans à la présidence du parti conservateur. Elle mènera donc la campagne électorale des législatives pour conserver la chancellerie en 2017.

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Angela Merkel a également critiqué la société civile en Allemagne qui ne se mobilise pas face aux souffrances de la population syrienne et préfère descendre dans la rue pour dénoncer «un projet d’accord de libre-échange avec les Etats-Unis», le TTIP, contre lequel des dizaines de milliers d’Allemands ont manifesté ces dernières années.

Russie et Etats-Unis s’accusent mutuellement

Les forces du régime syrien sont proches de faire tomber Chaar, un quartier rebelle important d’Alep, alors que les Russes et les Américains s’accusent mutuellement de bloquer toute tentative pour mettre fin aux combats meurtriers.

Moscou et Pékin se sont opposés lundi à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant une trêve à Alep et l’arrêt des combats dans l’ensemble de la Syrie. C’est la sixième fois que la Russie, principal allié du président syrien Bachar el-Assad avec l’Iran, met son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie depuis 2011.

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Des discussions sur la Syrie sont prévues mercredi à Genève entre Sergueï Lavrov et le secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Mais Sergueï Lavrov accuse Washington d’avoir annulé la rencontre. Il soupçonne les Américains de «gagner du temps» pour que les rebelles «reprennent leur souffle». Les Américains ont pour leur part accusé Moscou de faire diversion.

Il n’y a «pas de percée» dans les discussions américano-russes «parce que la Russie veut conserver ses gains militaires», a déclaré l’ambassadrice adjointe américaine à l’ONU, Michele Sison.

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