Après les économistes (LT du 16.10.2008), Le Temps donne la parole aux politiques pour connaître leur lecture des origines de la crise financière, les leçons qu'ils en retirent, l'avenir du libéralisme et le rôle de l'Etat. Le libéral genevois Michel Halpérin et le socialiste fribourgeois Alain Berset sont en accord sur la gravité de la situation. Si le premier lit surtout des insuffisances du système financier et de ceux qui le pratiquent, le second est plus définitif: «Nous sommes allés trop loin dans la dérégulation, dans la confiance au marché pour tout régler.» Et de voir en l'Etat, «non le problème, mais la solution». Michel Halpérin, s'il approuve l'intervention de l'Etat, se méfie d'un interventionnisme accru et permanent: «Ce qui m'inquiète aujourd'hui, au-delà de la crise économique, c'est le poids qu'on va donner à nos autorités. Il ne faut pas remplacer les contraintes d'une crise économique par la contrainte d'un régime lourd et inacceptable.»

Les deux intervenants se rejoignent sur les excès en matière de bonus. «Comme vous, je juge la politique de distribution de bonus incompréhensible», confie Halpérin. «La vraie question, prolonge Berset, est de savoir comment on fera à l'avenir pour éviter des salaires qui créent de fausses incitations.» öPages 2 et 3