Est-ce parce que Wajdi Mouawad est né au Liban, qu'il y a vu la guerre, qu'il a dû s'exiler, enfant, en France d'abord, puis à Montréal, où il vit aujourd'hui? L'écrivain et chef de troupe écrit sur les failles de nos identités, là où nous ne savons plus à qui nous rattacher, là où nous aspirons à retrouver un lien perdu. Comme le plus rusé des feuilletonistes, il sait donner à ses interrogations intimes un tour épique, qu'il signe Incendies, Forêts, Littoral, trilogie qui a ravi le Festival d'Avignon en 2009, ou Assoiffés. C'est cette dernière pièce que le Genevois Vincent Babel monte. Un anthropologue est appelé à identifier deux corps rejetés par le fleuve. Stupeur, il découvre que l'un d'entre eux est un ancien camarade de classe. Isabelle Caillat, Jean-Luc Farquet, Lionel Brady se fondent dans les ténèbres de Mouawad. On a hâte de goûter avec eux à la lumière.