«Nous avons les clients les plus exigeants du monde»

Le Temps: En 2010, le WEF a fêté ses 40 ans et inauguré l’extension de son siège, qui réunit quelque 400 collaborateurs. Quels sont les projets cette année?

Klaus Schwab: Nous n’avons pas de projet d’extension ici à Genève en ce moment. En revanche, nous allons agrandir nos bureaux à New York sur la 5e Avenue. Nous les y avons installés il y a quatre ans et les effectifs vont passer cette année à 120 collaborateurs. A Pékin, nous allons déménager dans de plus grands bureaux pour nos 30 employés.

– Le départ, en novembre, d’André Schneider, directeur général du WEF et perçu comme une des principales chevilles ouvrières de votre organisation, a été pour beaucoup une surprise. Pourquoi a-t-il été si abrupt?

– Tout d’abord, on n’avait pas assez remarqué à l’extérieur que le Forum n’avait pas seulement Klaus Schwab et André Schneider à sa tête, mais une équipe de huit directeurs généraux. André Schneider était très exposé vis-à-vis de la Suisse car il était notamment chargé des relations avec la ville de Davos et la communauté suisse en général. André Schneider est venu me voir cet automne pour me dire qu’il n’arrivait plus à mener de front travail et vie de famille, tout en gardant la santé. Il faut dire que le travail au Forum est très éprouvant. Nous avons les clients les plus exigeants du monde, et ce n’est pas facile de les satisfaire. Or André Schneider a fait un choix.

Son départ est-il soudain? Nous avons discuté ensemble de ce que sa décision trois mois avant Davos impliquait. On ne peut pas confier la responsabilité d’un événement si important pour le Forum à quelqu’un qui est sur le départ. Nous avons, tous les deux, décidé qu’il quittait tout de suite ses fonctions pour permettre à ses collègues de répartir les responsabilités. Cela a parfaitement joué.