Le Festival de piano de Lucerne, c'est le paradis pour les amateurs du genre. Stars au firmament et représentants de la génération montante se succèdent dans la grande salle du KKL (concerts du soir) et à la Lukaskirche (récitals donnés à 12h15). Cette année, Beethoven s'impose comme le fil rouge, à commencer par l'intégrale des cinq Concertos pour piano jouée par Leif-Ove Andsnes et le Mahler Chamber Orchestra en deux soirées.

Mais c'est au doyen des pianistes Maurizio Pollini qu'il revient d'ouvrir le festival. A 72 ans, cette forte tête continue à programmer des œuvres exigeantes, comme les Sonates «La Tempête» et «l'Appassionata» de Beethoven. Rien que du Chopin en seconde partie (et le meilleur!), avec un bouquet de Mazurkas, la Barcarolle, la Berceuse, la Polonaise en la bémol majeur Op. 53 (sa 22 novembre à 18h30). Outre Leif-Ove Andsnes et le Mahler Chamber Orchestra (lu 24 et me 26 nov.), le désormais quadragénaire Evgeny Kissin se mesure à la célèbre Sonate «Waldstein», qu'il juxtapose à la 4e Sonate en ut mineur de Prokofiev, des pièces de Chopin et à la 15e Rhapsodie hongroise de Liszt (je 27 nov.).

Est-ce une coïncidence? Deux pianistes britanniques se succéderont le même jour. A 12h15 à la Lukaskirche, Benjamin Grosvenor, 22 ans, donne un récital autour de Rameau, Bach/Busoni, César Franck (le sublime Prélude, Choral et Fugue) et Chopin (la Barcarolle Op. 60 et la 3e Ballade). Le soir même, Paul Lewis consacre son concert aux trois dernières Sonates de Beethoven - autant dire un défi intellectuel et pianistique (ve 28 nov. à 19h30). Tout aussi exigeantes, les Variations Diabelli de Beethoven seront défendues par Martin Helmchen. Le jeune pianiste allemand a d'ailleurs choisi de bâtir tout son programme autour de cycles de variations, avec les célèbres 12 Variations sur «Ah, vous dirai-je Maman» de Mozart, l'Impromptu en si bémol majeur, D 935, de Schubert (qui contient des variations!) et les Variations Op. 27 de Webern (sa 29 nov. à 18h30).

L'ultime concert affiche le Québécois Marc-André Hamelin dans un bouquet d'œuvres qui illustrent les diverses facettes de son art, d'une Sonate de Haydn à la Première Série d'Images de Debussy, avec les très belles pièces Bénédiction de Dieu dans la solitude et Venezia e Napoli de Liszt. On ne manquera pas ses propres Variations sur un thème de Paganini qui citent quelques œuvres majeures du répertoire, comme la Sonate Op. 109 de Beethoven (di 29 nov. à 18h30). Une master class donnée par Robert Levin, grand connaisseur du classicisme viennois et néanmoins défenseur de la musique contemporaine, sera menée tout au long de la semaine. Huit participants sont attendus pour cet atelier organisé par le Conservatoire de Lucerne, les cours étant ouverts au public.