«Honnêtement, je n’imaginais pas que nous ne remporterions pas de médaille mercredi», lâchait le chef de mission de Swiss Olympic.

«Il est important de dire que le temps de l’analyse n’est pas encore venu. Ce sera pour plus tard. Les Jeux sont en cours», expliquait le Grison en préambule d’un long monologue, devant la trentaine de journalistes accourus. Vêtu de noir («mon t-shirt blanc est à la lessive, cela n’a rien à voir avec la déception», assurait-il), Gian Gilli ne pouvait que constater les difficultés rencontrées jusqu’ici par la délégation suisse. «Nous avons bien vu à quel point il est difficile de décrocher une médaille. Il faut être à 100%, voire plus», glissait-il.

«Le bilan comptable est évidemment insatisfaisant. Peut-être n’est-il pas réaliste de viser le top 25 du classement par nations [pour lequel 8 à 10 médailles sont nécessaires selon Swiss Olympic]. Nous espérions plus de médailles. Mais tout peut aller très vite. La pression s’en ira dès que la première médaille aura été obtenue. Ce sera un soulagement. Les médias et le public suisses seront également plus calmes», poursuivait l’ancien skieur de fond, qui tient à ne pas sombrer dans le défaitisme.

«Certaines défaites demeurent inexplicables»

«Indépendamment du nombre de médailles, il faut souligner que tous les athlètes ont fait leur maximum. Certains n’ont pas atteint leur objectif. Mais il y a tout de même eu des records de Suisse en natation [Danielle Villars et Dominik Meichtry sur 100 m papillon, David Karasek sur 200 m 4 nages]. Et le gymnaste Claudio Capelli a réussi le concours de sa vie [17e du concours général après avoir brillé en qualifications]. Il est injuste pour eux de dire que les Jeux ont mal commencé pour la Suisse.»

«Le 1er août était une journée spéciale. Tout n’a pas fonctionné, alors que tout avait été parfaitement préparé. Certaines défaites demeurent inexplicables, constatait-il. Les Jeux restent un événement à part. L’épéiste Max Heinzer a ainsi perdu face au futur champion olympique [le Vénézuélien Ruben Limardo], un adversaire qu’il avait pourtant battu à chaque fois dans le passé. Peut-être certains athlètes manquent-ils d’expérience. La chance et la forme du jour jouent également un rôle. Nous savons aussi que nous avons besoin de trois athlètes de pointe pour avoir une médaille au bout.»

«Les entraîneurs jouent un rôle majeur dans la préparation. Mais l’entraîneur des épéistes est un champion olympique [Angelo Mazzoni a conquis deux titres par équipes en 1996 et 2000]. Il sait donc de quoi il parle, tenait-il à préciser. Il est très difficile d’anticiper et de simuler ce qui peut se produire en compétition. On ne peut pas le créer de manière artificielle.»

«De belles histoires restent à écrire»

Gian Gilli garde toute sa confiance dans la délégation suisse. «Roger Federer est toujours là [la conférence de presse avait lieu avant son quart de finale], et d’autres athlètes ont encore des chances de médaille, lâchait-il. Nous devons accepter les revers subis et gérer la frustration énorme de certains. Il est important que la déception des uns n’influe pas sur le moral des autres. Notre rôle est de garder un bon état d’esprit afin que l’ambiance soit bonne au sein de la délégation. Il faut tout faire pour que les athlètes évoluent l’esprit libre, sans avoir le sentiment d’avoir l’obligation de gagner une médaille.»

Le chef de mission estime, à juste titre, qu’il ne fallait surtout pas chambouler le quotidien des athlètes. «Ceux qui n’ont pas encore concouru doivent se sentir à leur aise. Ils le méritent. Nous devons avoir le sourire et garder une attitude positive. Ce n’est pas le moment de pleurer. Nous devons juste laisser les athlètes dans leur bulle. Une Nicola Spirig [la triathlète fait partie des favorites] sait ainsi parfaitement ce qu’elle a à faire. Elle doit pouvoir rester calme. De belles histoires restent à écrire. Réjouissez-vous», concluait-il