A l'heure de mettre sous presse, on ne sait pas encore grand-chose de la prochaine édition de Black Movie, festival de recherche qui se cherche. Né africain puis devenu essentiellement asiatique, il accueille aujourd'hui des films radicaux/extrêmes venus de tous horizons. A priori, cette dernière ligne sera tenue, avec deux titres-phares déjà annoncés: The Tribe de l'Ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy, sensation cannoise à base de sexe et de brutalité dans un institut pour sourds-muets, et Feux dans la plaine (Nobi) du Japonais Shinya Tsukamoto, remake «gore» d'un fameux film de guerre qui a traumatisé la Mostra de Venise.

Expériences complaisantes, voire crapuleuses, ou avancées notables pour le 7e art? C'est ce dont on pourra débattre grâce à Black Movie. Parmi les autres titres connus: Over Your Dead Body, film fantastique de Takashi Miike et The World of Kanako de Tetsuya Nakashima, un thriller avec Koji Yakusho, Hill of Freedom, petite musique de Hong Sang-soo et Le Garçon et le monde, dessin animé brésilien qui a fait un carton au festival d'Annecy.

Le volet rétrospectif, quant à lui, ne s'annonce pas moins riche, avec en tête Hard to Be a God, le mythique film de science-fiction russe laissé inachevé par feu Alexeï Guerman. Un hommage à l'Art Theatre Guild of Japan, compagnie indépendante qui a eu une influence décisive dans les années 1960-70, est aussi en préparation. Mais le morceau de choix sera encore la rétrospective consacrée au Chinois Wang Bing, auteur de documentaires-fleuves (A l'ouest des rails, Les Trois sœurs du Yunnan), en sa présence.