Cryptovallée

Blockchain, «cave ne cadas»

Dans les technologies blockchain, c’est la tenue d’un registre qui est la plus coûteuse et qui empêche le développement de celles-ci en cas d’augmentation forte de la demande. Les nouvelles blockchains contournent cet obstacle et réduisent la consommation d’énergie de 98% tout en augmentant la sécurité des transferts

La scalabilité. La voilà peut-être la quête du graal des développeurs blockchain en 2018. Les blockchains de première et deuxième générations, comme le bitcoin et le litecoin (dès 2008) puis comme Ethereum ou Dash (dès 2014) n’ont pas été conçues pour être facilement optimisées en cas de succès rapide et planétaire.

Bref rappel: l’effervescence des transactions sur ces blockchains entraîne une augmentation de la complexité des calculs à effectuer par les agents vérificateurs de transactions (les mineurs). Il en résulte une concurrence acharnée entre ceux-ci pour avoir la plus grande puissance de calcul (hachage) possible malgré son pesant aussi énergivore que calorifique. C’est ainsi qu’à mi-mars 2018, la blockchain Bitcoin traite moins de quatre transactions par seconde, chacune de celles-là exigeant actuellement plus de 300 kWh d’électricité, soit environ un mois de consommation moyenne mondiale par individu. Sans compter l’obsolescence programmée des composants informatiques… Raccourci: le bitcoin aurait donc un bel avenir dans le nucléaire et la création de déchets.

Seulement voilà, il existe de nouvelles blockchains rêvant de s’approprier la recette de la soupe à l’oseille, entendez par là les comms et autres frais promis à qui réussira à achalander au mieux le «crypto-badaud» en plein «cyber-lèche-vitrine».

Dans la blockchain IOTA où les communications/transactions entre les objets connectés (Internet of things) sont validées de manière entièrement décentralisée, soit sans l’intermédiaire d’un quelconque mineur et donc directement de pair-à-pair, on gagne du temps et on économise des sous. Mais il y a toujours un bout de registre à construire et à valider.

Encore plus récemment, certaines blockchains (comme le protocole TODA) n’ont même plus de long registre à mettre à jour à coups de résolutions d’équations mathématiques qui ne servent à rien sinon à garantir la sécurité de la transaction envisagée (ce qui est déjà pas mal). Dans un tel modèle, le registre est contenu dans l’avoir digitalisé, à savoir celui-là même faisant l’objet de la transaction envisagée, plutôt que dans un registre public. Plus de course à la puissance de hachage, donc, car ici non plus, il n’y a plus de mineurs. Les quelques vérificateurs d’une transaction entre deux personnes effectuent alors des tâches uniquement liées à cette transaction (Proof of Actual Work ou PoAW). Et ces vérificateurs sont sélectionnés aléatoirement parmi les utilisateurs existants. Dans une telle évolution protocolaire, donc, ce PoAW augmente la sécurité du transfert (car il n’est plus public) et réduit la consommation d’énergie de 98%.

Point à ne pas oublier de mentionner, ces nouvelles blockchains veulent changer le monde: elles veulent être gratuites. La scalabilité sera préservée. Les nouvelles blockchains se dresseront humblement. Ce sont les plus vieilles qui tomberont.

* Avocat, spécialiste des technologies blockchain et des cryptomonnaies

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