Crise financière oblige: les banques, même les plus solides, ne se font plus confiance entre elles. Elles se tournent donc vers les banques centrales, contraintes d'ouvrir les vannes des liquidités et du crédit pour que les affaires continuent vaille que vaille.

La Banque nationale suisse (BNS) n'est pas en reste. En 16 jours, elle a versé 130 milliards de dollars contre des titres mis en gage. Chaque jour, une dizaine de banques soumissionnaires ayant leur siège en Suisse et dans l'Union européenne se disputent entre 7 et 10 milliards de dollars aux enchères durant un quart d'heure, peu après l'ouverture des marchés. Ces opérations quotidiennes de pensions de titres «au jour le jour» se traitent depuis le 18 septembre. Elles s'accompagnent d'une augmentation du nombre des opérations ordinaires de ce genre, avec des durées de pension de 28 et de 84 jours, qui permettent de libérer 27 milliards de dollars supplémentaires.

La BNS a fortement réduit ses exigences de taux minimum «au jour le jour». De 3,02% au 30 septembre, il a été abaissé à 0,01% lundi. Le taux moyen offert par les banques a chuté à 1,13%.

Combien de temps se prolongera l'opération? «On verra. Cela dépend de l'évolution des marchés», répond Werner Abegg, porte-parole de la BNS. L'identité des banques qui participent aux enchères n'est pas révélée mais la BNS dit «répondre à une forte demande de dollars».

La banque centrale suisse ne puise pas cet argent dans ses réserves mais il est mis à disposition par la Réserve fédérale américaine sur la base d'un accord «swap» prolongé jusqu'à la fin d'avril 2009. A fin juin, les créances de la BNS résultant de pensions de titres avaient triplé pour dépasser 12 milliards de francs. Les banques sont aussi fortement demandeuses de francs suisses. La semaine dernière, la BNS a mené des opérations monétaires pour plus de 50 milliards de francs, dont 19,4 milliards pour la seule journée de vendredi. C'est quatre fois plus que la moyenne.