«Nous avons besoin d'une nouvelle façon de penser.» Dans un discours devant un groupe d'entreprises lundi, Gordon Brown l'a reconnu à demi-mot: il lui faut de nouvelles idées pour relancer l'économie. Le premier ministre britannique a beau être à l'origine du plan de sauvetage bancaire copié à travers le monde, il n'a pas de solution miracle pour relancer l'économie. Alors que le PIB britannique s'est contracté de 0,5% au troisième trimestre, que le chômage est passé de 5,2% à 5,7%, il se contente pour l'instant de micromesures.

Pour soutenir les PME, il a promis par exemple d'accélérer à dix jours maximum le délai de paiement du secteur public à ses sous-traitants privés. Il a aussi lancé des aides pour financer l'isolation des logements. L'allocation pour les factures d'électricité et de gaz pour les ménages les plus pauvres a aussi été augmentée.

Pour soutenir les prix des logements, Downing Street a décidé de geler pendant un an la taxe de 1% sur les transactions immobilières. Enfin, la mesure la plus spectaculaire est une baisse d'impôts de 2,7 milliards de livres (4,9 milliards d'euros). Mais celle-ci a été décidée dès mai pour des raisons essentiellement politiques et elle ne vient en réalité que compenser une hausse d'impôts décidée l'année précédente sur certains ménages pauvres.

Le problème est que Gordon Brown est bloqué: l'Etat manque d'argent. Pendant des années, il s'était fixé la «règle d'or» d'avoir une dette inférieure à 40% du PIB. Mais tous les économistes prédisent que l'effondrement des recettes fiscales cette année va pousser la dette au-dessus de ce niveau. Le leader britannique a donc commencé à préparer les esprits à un dérapage des finances publiques. Mais il prend garde à ne pas promettre une grande relance keynésienne. Tout juste se contente-t-il de ne pas réduire les dépenses. Sans même les augmenter, le dérapage aura lieu.