«En début d'après-midi, quand j'ai appris que Genève avait voté non, l'heure était à la soupe à la grimace. Mais dès que les projections pour le canton de Zurich laissaient entrevoir un oui, j'ai dit à Christine Bussat que nous pouvions nous montrer positifs. Ma pensée va maintenant aux victimes. Durant la campagne, j'ai reçu des dizaines de mails me racontant des vies brisées à cause d'abus sexuels. Un véritable cabinet des horreurs. Maintenant, c'est comme si l'Etat reconnaissait enfin leur calvaire. L'argument de la difficulté de récolter des preuves passé un certain délai ne m'a jamais convaincu. Par contre, plus le temps passe, plus les langues se délient. Les victimes arrivent à s'émanciper avec le temps, à se défaire des pressions subies et c'est en cela que l'imprescriptibilité est importante. La société envoie un message clair aux abuseurs. Si l'initiative avait été rejetée, j'aurais lancé dès lundi une initiative parlementaire demandant de prolonger le délai jusqu'à environ 43 ans, contre les 33 proposés par le contre-projet. Même Eveline Widmer-Schlumpf a admis que permettre aux victimes de faire condamner leur abuseur jusqu'à l'âge de 33 ans n'était pas suffisant.»