Plus de 150 films au programme, est-ce bien raisonnable, même pour un festival qui se déroule sur deux semaines? Heureusement, le décompte est sans doute trompeur, avec ses courts-métrages et documentaires vidéo d'intérêt parfois limité. En fait, on se réjouit cette année surtout du panorama argentin qui, entre nouveautés et rétrospective, permettra de mesurer l'évolution et l'état de santé de cette cinématographie qui fut le fer de lance des années 2000.

On ne voudra surtout pas manquer le film d'ouverture Refugiado de Diego Lerman (L'Oeil invisible), un drame poignant de la violence conjugale passé par la Quinzaine des réalisateurs cannoise. Autre film très attendu, venu du Brésil celui-là: Praia do futuro du toujours sous-estimé Karim Aïnouz (Le Ciel de Suely), qui fut en compétition à Berlin. Et La Voz en off pourrait assoir la réputation naissante du jeune Chilien Cristián Jiménez (après Ilusiones ópticas et Bonsái).

Pour le reste, tout paraît à découvrir, films et nouveaux réalisateurs, dans ce grand voyage latino-américain qui remonte jusqu'à la Colombie (Mateo de Maria Gamboa) et à Cuba (Conducta d'Ernesto Daranas). Un hommage au grand écrivain colombien disparu Gabriel García Marquez et une exposition consacrée à la fameuse Mafalda du dessinateur argentin Quino complètent ce programme copieux.