«Je suis à la rue !»Maurine Mercier éclate de rire. Depuis qu’elle a rendu son appartement, la Lausannoise est SDF. Journaliste désormais en cavale, elle est le nouveau visage de la nouvelle émission de la RTS, «La Grande Lessive». Dans l’attente de se trouver un logement sur Genève, elle «squatte chez des amis» et transporte partout avec elle son gros sac de voyage. «J’ai l’épaule détruite !» À l’intérieur s’y trouvent des bouquins de photographie (Salgado et Depardon sont ses idoles), ses affaires de sport, son ordinateur. «Mes habits d’hiver sont restés chez un ami à Morges, alors j’attrape la crève,» se désole-t-elle, toujours en riant. Parce que rien n’est grave, parce qu’elle est heureuse, parce que Maurine Mercier incarne exactement ce que la RTS recherchait : une certaine idée de l’humilité et de la simplicité en Suisse romande. Une journaliste que la grande maison est venue chercher explicitement pour participer au casting de l’émission. «Je crois qu’ils ont aimé mon côté non-formaté. Je ne me censure pas et ça va avec le style recherché.»

Chaque lundi, le plateau de «La Grande Lessive» recevra une personnalité romande qui choisira parmi son entourage les quatre autres convives de la semaine. «On utilise notre invité pour nous faire connaître des gens que nous, les médias, aurions eu du mal à aller chercher.» Le directeur de la cinémathèque suisse, Frédéric Maire, a par exemple proposé sa compagne, la chanteuse et comédienne Teresa Larraga. «On mentionne leur lien mais à partir de là c’est vraiment sur cette personne que l’on braque les projecteurs.» Occuper une demi-heure d’antenne avec des inconnus, l’exercice n’est pas évident, mais vise à révéler la richesse cachée des Romands. «À moi de capter ce que Frédéric Maire a vu chez cette personne, ce qui en fait son coup de cœur !,» s'enthousiasme Maurine Mercier, aux commandes de l’émission.

Pour les convaincre de participer, la jeune femme n’hésite pas à se mouiller. «Je leur sors le discours que je me fais à moi-même, c’est-à-dire, vous êtes timides ? Moi aussi ! Je prends un peu sur moi pour vous rencontrer, faites de même, combattons cette crainte de parler de nous. Et surtout, vous n’êtes pas responsable de cette auto-promotion...vous avez été désigné par votre ami !» Différents chroniqueurs, tous spécialistes des thématiques de société, interviendront également dans l’émission.

Physiquement planquée

D’une mère canadienne francophone et d’un père vaudois, Maurine a grandi dans la maison de son grand-père paternel, à Lausanne, où elle a fait toutes ses écoles. «Petite, j’avais l’accent québécois de ma mère. Je l’ai perdu en commençant ma scolarité, mais il me reste un petit quelque chose de spécial dans ma voix.» Habituée aux ondes radio, Maurine Mercier est fascinée par l’exercice du talkshow. Indéniablement à l’aise au micro, elle a adoré l’adrénaline que lui procurait le direct lorsqu’elle présentait la matinale de Couleurs 3 ou les journaux de TVRL et de La Télé, à ses débuts. «À la radio, j’étais planquée physiquement, l’aspect visible m’inquiète un peu. Je suis un brin sauvage, je n’ai pas forcément envie d’être reconnue dans la rue. Mais les gens sont bienveillants. Et puis, on n’est que journalistes, pas des stars.»

> La Grande Lessive», à partir du 26 octobre. Du lundi au vendredi à 18 h 15 sur RTS Un