Le chiffon et le bâton

Seul élu de droite du collège, le désormais libéral-radical Pierre Maudet, préposé à la salubrité, a frénétiquement traqué mégots, tags et autres salissures quatre ans durant.

Autre cheval de bataille du magistrat: la sécurité. Il a œuvré à réformer la police municipale en étoffant ses effectifs et en participant à l’élaboration de la loi cantonale qui a doté les agents de police municipaux (APM) de compétences accrues.

Privé par la majorité de gauche du Conseil municipal d’un crédit destiné à créer des postes d’APM lors du débat sur le budget en décembre, Pierre Maudet a profité de cette aubaine préélectorale pour faire porter sur ses adversaires l’accusation d’entraver son action en faveur de l’ordre public et de faire preuve d’angélisme. L’épisode illustre que son statut de représentant isolé de la minorité ne lui a guère pesé, soit parce qu’il a su en jouer, soit parce qu’il a souvent su tirer parti de dissensions entre ses collègues.

Le magistrat, même à gauche, est jugé travailleur, efficace et présent sur le terrain. Mais il ne récolte pas que des louanges. Celui qui a mis fin au flou artistique entourant la gestion du domaine public de la Ville, avec un nouveau règlement qu’il fait appliquer à la lettre, a bousculé les habitudes des forains, des puciers, des glaciers de la Rade et de certains commerçants, qui dénoncent les tracasseries incessantes de ses services.

Affublé du surnom de «M. Propre», le magistrat qui communique à l’envi sur les «cycloterroristes» ou les débarras sauvages apparaît comme un élu municipal zélé, mais cette image relègue au second plan celle de jeune talent du Parti libéral-radical promis à une carrière nationale. En présentant en janvier son contre-rapport sur l’armée, Pierre Maudet a voulu montrer que sa vision dépassait la hauteur des trottoirs genevois et les limites de sa commune.