Autour du rond-point Al-Manara de Ramallah, les visages sont graves, la foule clairsemée. Un étrange silence règne, à peine brisé par un vendeur qui tente d’appâter le client, ses salades dans un caddie. Quelques jeunes Palestiniens tentent de brûler des dollars géants, mais le feu ne prend pas. Quelques flammes pourtant, celles d’un drapeau américain, réchauffent les militants immobiles. En ce mardi soir, l’ambiance de la manifestation qui se tient à l’heure de l’annonce du plan de paix américain fait davantage penser à un enterrement qu’à une manifestation politique. Deux cents personnes à peine sont rassemblées dans le froid pour protester. Parmi elles, de nombreux porteurs de keffiehs noir et blanc caractéristiques du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas.

«On va se battre, on ne cessera pas d’exister. Depuis l’établissement de l’Etat d’Israël en 1948, nous ne cessons d’être trahis mais personne ne pourra convaincre mon fils que la Palestine n’existe pas», veut croire Atif Abou Saif, le ministre palestinien de la Culture. Et de serrer contre lui le gamin qu’il a prénommé Yasser Arafat. Un peu plus loin, des étudiants de l’Université de Bir Zeit tiennent des panneaux sur lesquels ils ont écrit, au stylo rouge, leur rejet de la politique de Donald Trump.