Syndique de Bussigny dans l’Ouest lausannois, la libérale bat le tempo des débat du parlement vaudois avec la précision obstinée d’un métronome. Au rythme binaire d’une loi, elle débite des dizaines d’articles, fait voter des piles d’amendements, distribue géométriquement la parole. La direction des débats se transforme en happening, performance. Les députés distraits finissent par l’applaudir.

Le décès précoce de son prédécesseur à Bussigny l’a propulsé à la tête de la Municipalité en janvier 2010. Claudine Wyssa brigue la suite de son mandat lors des élections communale de mars prochain. A 57 ans, mère de trois enfants désormais adultes, elle fait de la politique en professionnelle depuis deux ans. Pour ce faire, elle a abandonné la direction de l’association suisse des musiciens.

La rigueur des mathématiques maitrisées à l’EPF de Zürich, empreint son action. L’humour vient à peine dérider la marche tambour battant des affaires. Cette femme, autrefois présidente du parti libéral vaudois, a combattu le spectre d’une police unifiée voulue par les gendarmes. L’autonomie municipale ou régionale a primé. Le corps d’agents commun à huit localités de l’ouest lausannois dont Bussigny, PolOuest, rappelle cet amour de la proximité.

Finalement, il y a le tram. Claudine Wyssa supporte corps et âme la nouvelle merveille sur rail promise pour 2017 entre le centre-ville de Lausanne et Bussigny en passant par Renens. Elle est de toutes les manifestations sponsorisant l’engin mythique, disparu de la capitale vaudoise en 1964. Car elle sait que le destin urbain de Bussigny a besoin d’un nerf roulant. Tout comme l’agglomération tentaculaire qui se déploie jour après jour de la vallée du Flon vers la Venoge.