Les cinq votations scolaires alémaniques présentent des résultats contrastés. L'UDC a perdu. A Zurich et Saint-Gall, où elle avait lancé le référendum, son affiche d'enfant en pleurs n'a pas convaincu. En Thurgovie, elle était du côté des partisans à HarmoS. Et dans les Grisons, elle est montée sur le train en marche. La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'Instruction publique (CDIP), elle, n'a gagné qu'à moitié. Trois cantons déjà ont dit non à HarmoS, alors que 86% de la population suisse s'était prononcée pour une plus grande perméabilité des systèmes scolaires cantonaux. Cela ne remet pas en question le concordat, mais c'est une résistance inattendue.

La confiance en l'école publique n'est pas en cause, le résultat sans appel à Bâle-Campagne avec le libre choix de l'école l'a montré. La crispation est ailleurs, elle se concentre sur les petits. HarmoS a mobilisé des parents qui se sentent dépossédés de leurs responsabilités et menacés par un arsenal scolaire jugé trop envahissant. «Les enfants de famille intacte sont défavorisés», a dit une mère lors de la campagne en Thurgovie. Ce militantisme des parents, surtout des mères, dans des régions rurales réputées sans problème est un fait nouveau et inquiétant. Il remet en cause des acquis dont les autres parents n'aimeraient plus se passer.