Avec sa nouvelle loi, l'Université de Genève s'alignera sur ses consœurs helvétiques, qui bénéficient déjà d'une autonomie accrue. Cependant, la démarche genevoise n'est pour l'heure formulée que sur le papier. Dans nos colonnes, l'ancien recteur vaudois Jean-Marc Rapp, qui avait expérimenté l'autonomie à Lausanne et siégeait dans la commission Dreifuss, relevait qu'au-delà du texte «la situation dépend surtout de la culture d'application de la loi, la manière dont l'institution se l'approprie, et dont le gouvernement adopte cette philosophie». C'est le défi qui se pose aux responsables pour les années à venir. A l'interne, le rectorat devra négocier et convaincre avec d'autant plus de tact qu'il voit ses prérogatives étendues. Elaborer, en somme, une nouvelle culture du dialogue dans une communauté rassemblant quand même plus de 18500 personnes. Le Conseil d'Etat, respectivement le DIP, aura aussi à changer de mentalité. Direction de l'Université et tutelle politique vont être amenées à discuter différemment. Nul doute qu'il faudra une rude période de rodage.