Quasi autodidacte, Anton Bruckner ne connaît qu'une gloire limitée de son vivant, à l'exception de ses improvisations à l'orgue qui lui valent les vivats des plus grandes salles d'Europe. Fasciné par Wagner, il trouve sa voie sur le tard dans l'écriture de messes et surtout de symphonies: des pages de grande ampleur, déconcertantes pour les conservateurs (notamment viennois), nimbées d'un troublant parfum d'éternité, que l'on n'a commencé à apprécier à leur juste valeur qu'au 20e siècle, sous l'impulsion pionnière entre autres de Gustav Mahler. La Quatrième est, avec les Septième et Huitième, la plus connue et peut-être la plus facile d'accès. Une fois n'est pas coutume, le surnom de «Romantique» est dû au compositeur lui-même, lequel a inscrit quelques pistes de lecture au début des mouvements : Ville médiévale, Chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussé... Tout un programme!

BRUCKNER

Symphonie n°4 en mi bémol majeur, «Romantique»

Alexander Mayer, dir.