Il est grand temps de faire l’éloge des valeurs socialistes. Le ministère chinois de l’Education vient de publier des instructions demandant aux enseignants du pays de faire rédiger à l’école des poèmes et des chansons à la gloire du socialisme. Sur son site Internet, le ministère justifie ce projet par le fait que «devant la concurrence d’idéologies et de valeurs diversifiées dans le monde, la promotion des valeurs socialistes est très difficile et urgente». Il faudra également organiser régulièrement des concours sur ces thématiques.

Parmi les valeurs jugées «socialistes» que Pékin entend inculquer aux jeunes générations figurent, sans grande surprise, l’harmonie, la civilité, l’autorité de la loi, le patriotisme, l’intégrité, l’amitié, ou le dévouement. Plus étonnant, Pékin entend vanter également la prospérité économique, la démocratie, la liberté, l’égalité et la justice. Commentant cette décision, l’agence officielle d’information, Xinhua, juge qu’il est essentiel de rebâtir la foi dans le système chinois et de «répondre aux inquiétudes sur le fait que la Chine de soit moralement déboussolée durant les trois décennies de son miracle économique». Les enseignants seront évalués sur la mise en œuvre de ces instructions, ajoute le ministère.

Un producteur de cinéma chinois s’offre un Van Gogh à 61,8 millions de dollars

C’est probablement la plus chère acquisition d’art occidental effectuée par un collectionneur chinois. A New York, une toile de Van Gogh a été acquise par Wang Zhongjun pour 61,8 millions de dollars, lors d’une vente organisée par Sotheby’s. En acquérant cette «Nature morte, vase aux marguerites et aux coquelicots», le fondateur du groupe de cinéma chinois Huayi Brothers, a payé bien plus que les estimations du marché, qui tablait sur une vente entre 30 et 50 millions. C’est le prix le plus élevé jamais payé pour une nature morte du géant hollandais.

Un achat qui illustre le rôle croissant des Chinois sur le marché international de l’art. L’an dernier, le groupe d’immobilier et d’hôtellerie Wanda, dont le patron était alors l’homme le plus riche de Chine, avait notamment acquis un Picasso pour 28,2 millions de dollars. Cette fois, c’est donc le fondateur d’un groupe de production cinématographique, dont la valeur boursière est estimée à 4,7 milliards de dollars, qui prend la tête des enchères.

Pékin veut orchestrer la lutte anti-corruption en Asie Pacifique

La pilule passera-t-elle? Les pays d’Asie Pacifique, qui se réunissent actuellement à Pékin dans le cadre du sommet annuel de l’APEC, s’apprêtent à s’accorder sur un plan de lutte conjointe contre la corruption. Le but étant essentiellement de procéder à des échanges d’informations afin de faire en sorte que les personnes corrompues ne puissent pas aller se réfugier dans d’autres pays. Irréprochable dans ses principes, l’institution chargée de mutualiser les efforts en la matière, baptisée Act-Net, présente toutefois une spécificité déroutante. Selon le «Wall Street Journal», elle sera basée à Pékin, sous l’égide de la Commission centrale de la discipline du Parti communiste chinois.

Alors que les méthodes du pouvoir chinois pour lutter contre la corruption – comme pour traiter les litiges juridiques d’une manière générale – n’ont rien à voir avec les standards du droit reconnus dans les pays démocratiques, les 21 pays d’Asie Pacifique auraient déjà entériné ce principe. Pour Pékin, cela représenterait une victoire symbolique importante. Car Xi Jinping, le chef de l’Etat, a fait de la lutte contre la corruption le tout premier pilier de sa campagne visant à redorer le blason du pouvoir. En basant à Pékin les locaux d’Act-Net, il crédibilise un peu plus sa démarche, et semble obtenir un blanc-seing de la part des gouvernements étrangers en la matière.

Séoul annule un contrat militaire historique

L’avion de chasse F16 a été mis en service il y a 40 ans mais les armées des nombreux pays l’ayant intégré à leur flotte ne sont pas décidées à abandonner leurs appareils et cherchent à moderniser leurs jets. Pour la première fois, en 2012, la Corée du Sud avait choisi d’opter pour un programme de modernisation conçu par une filiale américaine du groupe britannique BAE Systems, snobant ainsi les propositions de l’américain Lockheed Martin, le constructeur original de l’avion. Estimé alors à 1,7 milliard de dollars, ce contrat de rafraîchissement des 134 F16 sud-coréens avait fait grand bruit sur le marché mondial de l’armement et incité plusieurs pays à considérer des solutions alternatives à Lockheed Martin. La modernisation des 1300 F16 en activité sur la planète représentant un marché potentiel de 10 milliards de dollars.

Mais, mercredi soir, les Etats-Unis, qui étaient associés par le biais de l’US Air Force à la négociation du fait de la nature militaire des équipements proposés, ont indiqué que le contrat avec BAE Systems avait finalement été annulé par Séoul. Selon Reuters, qui a révélé l’information, l’armée sud-coréenne devrait contacter dans les prochains jours Lockheed Martin pour réétudier ses offres. Pour justifier ce rebondissement, les Etats-Unis assurent que les autorités de Séoul auraient été surprises par la révision à la hausse du montant du contrat validé, il y a deux ans, avec BAE Systems. La facture finale aurait pu atteindre, selon les dernières estimations faites par l’US Air Force, jusqu’à 2,4 milliards de dollars. Choqué par cette annulation, le groupe britannique a indiqué qu’il allait devoir licencier les 205 employés qu’il avait déjà recruté pour cette mission.