Entre 1998 et 2003, la République démocratique du Congo a été le théâtre d'une guerre sans précédent en Afrique. Elle a impliqué jusqu'à sept pays et coûté la vie à 4 millions de personnes. Depuis, l'ancien Zaïre s'était engagé sur la voie du retour au calme, avec l'appui de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc). Cette force de 17000 hommes mène la plus grosse opération de maintien de la paix en cours. (Lire en page 5)

Mais les provinces du Kivu, frontalières de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi, en particulier celle du Nord, n'ont jamais vraiment retrouvé la paix. Les collines verdoyantes de cette région, densément peuplée et gorgée de matières premières, vivent dans la terreur qu'y répandent diverses milices, notamment le Congrès national pour la défense du peuple congolais (CNDP), et les soldats de l'armée régulière.

Le CNDP compterait 4000 hommes, dirigés par Laurent Nkunda, un Tutsi congolais. Il s'est proclamé protecteur de sa communauté contre les miliciens hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui se sont réfugiés au Congo voisin après le génocide des Tutsis en 1994. Beaucoup d'entre eux sont suspectés d'avoir activement pris part aux massacres d'alors.

En janvier dernier, une grande conférence de paix à Goma, la capitale du Nord-Kivu, associant société civile et représentants des groupes armés de tous bords, avait fait naître l'espoir d'un règlement. Il a volé en éclat dès le mois d'août avec la reprise des combats.

Depuis ce week-end, Laurent Nkunda a lancé une offensive d'ampleur contre les troupes de Kinshasa, qu'il accuse de collaborer avec le FDLR. L'armée a abandonné ses positions les unes après les autres, dans une atmosphère de débâcle. En dépit de l'intervention des hélicoptères de la Monuc, la rébellion semblait sur le point de prendre Goma avant de proclamer un «cessez-le-feu unilatéral» mercredi soir. Le Conseil de sécurité a condamné cet assaut, tandis que la communauté internationale mobilise sa diplomatie.