Contrairement à tous les principes du catéchisme de l'économisme néolibéral qui nous est infligé depuis trois décennies, nous devons assister, pantois, à la nationalisation de fait de plusieurs instituts bancaires anglo-saxons. Autant en période de haute conjoncture qu'en phase de dépression, les victimes en sont les salariés, employés et ouvriers, d'abord dans les pays les plus pauvres. En période de croissance ils ont doublement payé les frais de la mondialisation néolibérale économique: par une part salariale qui a proportionnellement diminué par rapport à la rémunération du capital, et par les conséquences de la crise énergétique et de la crise alimentaire provoquées notamment par la spéculation sur les marchés internationaux; dans la période de «stagflation» qui s'annonce, ils payeront doublement encore: par la pression sur la fiscalité qu'exercera le coût des nationalisations bancaires ainsi que par les licenciements et le chômage.

N'aurait-il pas fallu écouter plus tôt au moins l'économiste libéral repenti qu'est Joseph E. Stiglitz, ancien vice-président de la Banque mondiale? Reprenant les critiques des altermondialistes, il n'a cessé, depuis sa démission, d'identifier et de dénoncer les mécanismes et les conséquences délétères, pour les populations de la Terre et pour leur environnement, des spéculations que permet dans tous les domaines le libéralisme économique mondialisé.