Le parlement fédéral, dans les locaux duquel il est désormais interdit de fumer, entrouvre une brèche afin de ne pas bannir complètement le tabac des établissements publics. Selon le compromis négocié cette semaine, les restaurants et les bars d'une surface inférieure à 80 mètres carrés et suffisamment aérés pourront être déclarés fumeurs.

Ailleurs, la cigarette devra rester au fond de son étui. Et ceux qui veulent quand même en tirer une devront faire comme les parlementaires fédéraux: sortir à l'air libre. A Berne, ils ont d'ailleurs trouvé une astuce. Ils ont transformé le petit balcon qui longe la salle des pas perdus en espace tabac. Tous ceux qui ne peuvent résister à l'appel de la petite clope ou du cigare puant s'y retrouvent, tous partis confondus.

On en vient ainsi à surprendre des conversations entre des gens qui, d'ordinaire, ne s'adressent guère la parole. Sur le balcon du Palais fédéral, il n'est pas rare de voir des socialistes et des UDC échanger d'aimables propos, alors qu'ils se font la guerre à l'intérieur du bâtiment. Cela démontre que l'interdiction de fumer peut avoir des vertus sociothérapeutiques, en ce sens que les endroits où la cigarette est tolérée deviennent des lieux où l'on fume aussi le calumet de la paix.