A contretemps. Les lauriers sont coupés

A contretemps.

«Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés; la belle que voilà ira les ramasser»... Non, ce n'est pas comme dans la chanson une belle, mais plutôt quelques vieux de la vieille du monde des lettres françaises (du moins en théorie) qui viennent de moissonner les Lauriers verts 2008. Ces prix, destinés à des auteurs «contemporains», ont été décernés dimanche lors de la 13e édition de la Forêt des livres, à Chanceaux-près-Loches, dans l'Indre-et-Loire.

Le festival est jeune, la forêt et les lauriers sont encore bien verts, mais il n'en va pas tout à fait de même des lauréats, qui sont depuis fort longtemps dans le paysage médiatique, même s'ils ne sortent pas toujours du bois le plus attendu. Si Jacques Attali obtient le prix de la meilleure biographie pour «Gandhi ou l'exil des humiliés» (Fayard), ce sont deux chanteurs qui se voient couronnés: Charles Aznavour a reçu le Laurier de la «meilleure nouvelle» pour son recueil «Mon Père ce géant» (Raoul Breton), et Francis Lalanne s'attribue rien moins que le «Prix du Traité de philosophie» pour «Mère Patrie, planète mère» (Pascal Petiot). Mais, surtout, le Prix dit de «L'évasion» est revenu à Patrick Poivre d'Arvor pour son roman «Le Petit Prince du désert» (Albin Michel). Pour un type qui s'est invité tous les soirs pendant des années dans le salon de tout un chacun, c'est assez curieux... A moins qu'il ne se soit agi de récompenser la plus belle évasion... du Journal de 20 heures.

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