Toutes les start-up actives sur Internet ne frémissent pas face à la crise financière. Les dirigeants de LinkedIn, le réseau social pour professionnels, se frottent même les mains. Leur première réussite, ce sont les 22,7 millions de dollars qu'ils viennent de lever jeudi passé auprès de banques, mais aussi chez SAP, l'éditeur de logiciels d'entreprise. Au total, LinkedIn a levé 100 millions de dollars depuis sa création en 2003. Certes, sa valorisation n'est «que» de 1 milliard de dollars, contre environ 15 milliards pour Facebook. Mais à la différence de son grand frère, LinkedIn est profitable depuis 2006 (mais sans donner aucun détail), et son chiffre d'affaires devrait atteindre 75 à 100 millions de dollars cette année – deux fois plus qu'en 2007.

Grâce aux annonces, aux services payants et à la recherche d'emploi personnalisée, LinkedIn va bien. Et d'autant mieux que la crise se profile. Le nombre de pages vues, de recommandations et d'invitations a augmenté de 9 à 14% en deux semaines. Face à un avenir incertain, le réflexe de créer ou de mettre à jour son profil sur LinkedIn est donc bien réel. Le site compte 30 millions de membres, et voit affluer 2 millions de nouveaux utilisateurs par mois.

En face, Facebook tire la langue. Certes, son audience continue de progresser. Mais le site a toujours de la peine pour trouver des sources de revenus.