La Suisse est devenue un terrain de jeu pour les chasseurs de tête du monde entier, les informations concernant les postes et les chercheurs d’emploi circulant librement sur internet. De plus en plus de directeurs de ressources humaines (DRH) se font démarcher par des sociétés étrangères, note Jocelyne Tauxe, présidente d’honneur d’HR Genève. L’association des DRH a émis une circulaire ce printemps pour prévenir ses membres que ce genre d’offre est totalement illégale.

La législation est formelle: «Les placeurs ou bailleurs de services sis à l’étranger ne sont pas autorisés à pratiquer le placement en ou vers la Suisse, puisqu’ils ne sont pas inscrits au registre du commerce et ne sont pas au bénéfice d’une autorisation*».

Selon Jean-Olivier Maeder, de l’Office cantonal de l’emploi à Genève, leur présence s’est intensifiée cette dernière année. Il reçoit désormais deux plaintes par mois dénonçant des chasseurs de tête étrangers. «On les signale systématiquement au SECO. Le Secrétariat d’Etat à l’économie se charge alors de prendre contact avec le cabinet étranger pour l’informer de la législation suisse et l’inviter à se régulariser.»

Les agences récalcitrantes peuvent être poursuivies et amendées à hauteur de 100 000 francs. Les clients helvétiques qui acceptent leurs services également, jusqu’à 40 000 francs. «Mais aucun client n’a été sanctionné pour l’instant. Nous préférons les informer d’abord, les sensibiliser», note Jean-Olivier Maeder.

Pour placer leurs candidats en Suisse, sans être enregistrés auprès des autorités, les cabinets étrangers peuvent passer par l’intermédiaire d’une agence suisse. «Je n’arrête pas de recevoir des demandes de chasseurs de tête de Zagreb, d’Afrique du Nord, etc., qui me proposent des partenariats», s’exaspère Hanka Cerna Collé, la directrice de l’agence Profil.

*Le nom des agences autorisées à pratiquer en Suisse est accessible en ligne à l’adresse: http://www.avg-seco.admin.ch/WebVerzeichnis/ServletWebVerzeichnis