Credit Suisse ne s'est pas tourné vers la Confédération pour renforcer sa base financière, mais vers le fonds souverain du Qatar, accompagné par la société saoudienne Olayan et la holding israélienne Koor. Au total, le deuxième groupe bancaire helvétique réunit auprès de ces trois investisseurs 10 milliards de francs: 3,2 milliards via la vente d'actions, 1,7 milliard par un emprunt convertible et 5,5 milliards au travers d'un emprunt obligataire. La Qatar Investment Authority est le principal pourvoyeur de fonds dans cette opération, a annoncé jeudi Credit Suisse Group (CSG).

A terme, ces trois investisseurs détiendront environ 20% du capital de CSG. Les actions et l'emprunt convertible, qui sera transformé en actions après un an, sur lesquels porte l'opération annoncée jeudi, représentent 12% du capital. Ces participations s'ajoutent à celles que ces investisseurs détenaient déjà: plus de 3% pour Olaya, plus de 3% pour Koor et quelque 2% pour la Qatar Investment Authority.

La transaction sera effectuée mercredi. La banque offrira un crédit transitoire pour financer l'achat des titres. Parallèlement, elle suspend ses rachats d'actions.

Quant à la participation de 6,9% de Morgan Stanley, annoncée lundi, elle n'était certainement qu'à court terme et servait à la couverture de positions sur des dérivés.

«Le succès de cette levée de capitaux dans un environnement turbulent est une marque de confiance de la part de nos investisseurs», s'est félicité le directeur du groupe Brady Dougan lors d'une conférence téléphonique. Cette opération s'inscrit aussi dans une opération conduite par la Commission fédérale des banques (CFB) et la Banque nationale suisse pour restaurer la confiance dans le système bancaire.

Perte au 3e trimestre

Credit Suisse s'était vu proposer comme UBS une injection de capital par la Confédération. Si le calendrier semble dicté par les autorités, le groupe, qui a moins d'actifs risqués en portefeuille, a préféré agir de lui-même. L'opération, approuvée par la CFB, lui permettra de porter son ratio de base de fonds propres à 13,7%, contre 10,4% à fin septembre et de dépasser les nouvelles exigences minimales valables dès 2013.

CSG a également annoncé jeudi une perte de 1,3 milliard de francs pour le 3e trimestre. La division de banque d'affaires accuse un déficit de 3,2 milliards. Par contre, la gestion de fortune et la banque commerciale et de détail en Suisse ont connu un «fort» afflux de fonds. Brady Dougan s'est dit plus confiant pour le 4e trimestre. L'action a joué au yo-yo durant la journée et terminé en baisse de 0,9% à 45,50 francs, sur fond de baisse générale des marchés boursiers européens.