Analyses détaillées, interviews de spécialistes, graphiques pointus et même éditions spéciales se suivent pour nous faire prendre conscience de la crise financière. Pendant ce temps, la très officielle Union internationale pour la conservation de la nature publie sa dernière liste rouge des espèces menacées (LT du 7 octobre).On y apprend que 44838 espèces exactement sont menacées de disparition alors que cette liste n'en comptait «que» 41415 une année plus tôt. Une espèce disparaît dans le monde toutes les 20 minutes, soit à un rythme 100 à 1000 fois plus élevé que les précédentes phases d'extinction qui ont eu lieu sur terre les derniers 3,8 milliards d'années.Le système financier et l'écosystème ont pourtant des points communs: tous les acteurs sont interdépendants dans ces deux «éco-systèmes». Pour faire prendre conscience du phénomène en termes simples, plusieurs organismes publient des indices de biodiversité, comme le Swiss Bird Index de la Station ornithologique suisse. A la bourse, des courbes aussi négatives conduiraient à la débâcle…Alors que les moyens manquent ne serait-ce que pour recenser les espèces présentes en Suisse et connaître leur écologie, nous en sommes réduits à des hypothèses: selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique, entre 20 et 80% des organismes vivant en Suisse seraient menacés (!). La marge d'erreur est ici légèrement plus large que celle appliquée aux variations du SMI, précis à un centième de pour cent près… Et alors?