Chaque jour, les banques suisses se prêtent de l'argent entre elles pour financer leurs activités courantes. Ces prêts se font à très court terme, entre une journée et trois mois. Le tout se déroule sur ce qu'on appelle le marché monétaire. Ou plutôt se déroulait.

Depuis quelques jours, ce marché subit d'extrêmes tensions comme l'illustre le graphique ci-dessus. Ces derniers mois, le taux d'intérêt à 24 heures sur le franc suisse se situait entre 2 et 2,25%. En quelques séances, il s'est envolé à 4,58% et prend à la gorge les établissements qui ont besoin de se refinancer. «Cette augmentation reflète le manque de confiance des banques dans le marché interbancaire», explique la Banque nationale (BNS). Les sauvetages ou nationalisations à répétition d'établissements bancaires font douter les acteurs de la survie de leurs contreparties, et conduisent à un gel du crédit. Sans dégel, les banques vont non seulement se retrouver en situation délicate, mais aussi ne plus accorder de crédits à leurs clients de l'économie réelle. Certains groupes industriels américains se retrouvent déjà en difficulté. Cela pourrait se produire en Europe, et constituer une nouvelle étape vers la récession. Pour l'éviter, «tout le monde cherche des solutions, poursuit la BNS. La contribution des banques centrales consiste à offrir, avec une grande flexibilité, les liquidités nécessaires pour couvrir les besoins».