Plutôt que quinze films, ce sont des dizaines qu’on aimerait rappeler! Mais bon, voici l’essentiel de ce qui, à nos yeux, a marqué la décennie, non pas d’un point de vue commercial et technologique «objectif» mais bien dans l’idée d’un bilan artistique subjectif. Avec nos excuses à tous les oubliés, de Steven Spielberg à James Gray, de Marco Bellocchio à Lars von Trier et de Hou Hsiao-hsien à Naomi Kawase.

1 In the Mood for Love de Wong Kar-wai (2000). Le goût de la beauté se réfugie en Extrême-Orient pour la décennie.

2 Monstres et Cie de Pete Docter, David Silverman et Lee Unkrich (2001). Pixar dynamite l’animation à l’humour réflexif.

3 Le Seigneur des anneaux de Peter Jackson (2001-3). Le fleuron de l’«heroïc fantasy» devient un film-phénomène.

4 Mystic River de Clint Eastwood (2003). Pédophilie et injustice, l’œuvre au noir du plus grand cinéaste de la décennie.

5 Caché de Michael Haneke (2005). «Comment nos enfants jugeront-ils nos erreurs?», par un génial moraliste autrichien.

6 Une vérité qui dérange de Davis Guggenheim (2006). Al Gore annonce le réchauffement et le cinéma se fait humble.

7 La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck (2006). Retour en RDA: coup d’essai, coup de maître.

8 There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson (2007). Preuve qu’un cinéma visionnaire reste possible après Kubrick.

9 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Christian Mungiu (2007). L’espoir renaît dans une Roumanie enfin prête à affronter son passé.

Åê Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry (2008). Le progrès démystifié par l’audérision et l’utopie: on souscrit.

En Suisse

1 Transhumance vers le troisième millénaire d’Erich Langjahr (2002). Hymne à notre paysannerie sacrifiée.

2 Maïs im Bundeshuus – le génie helvétique de Jean-Stéphane Bron (2003). La politique amenée à la portée de tous.

3 Tout un hiver sans feu de Greg Zglinski (2004). Deuil et retour à la vie par un réalisateur polonais depuis rentré au pays.

4 Grounding de Michael Steiner (2006). Les derniers jours de Swissair croqués par le «wunderkind» alémanique.

5 Home d’Ursula Meier (2008). Allégorie sur la maison et le monde par le plus sérieux espoir du cinéma suisse.