C’est la rentrée des séries, et le monde sur petit écran est fait d’androïdes ainsi que de cas sociaux. Les humanoïde techno s’insèrent dans les fictions, même dans une création de TF1, tandis que de grandes entreprises sont lancées, dont une considérable saga de Netflix sur la reine d’Angleterre. 11 jalons pour un automne chargé.


 La techno-paranoïaque: Mr Robot

Quand l’informatique devient romanesque. Mr Robot peut évoquer Person of Interest. Le traitement est toutefois radicalement différent. Un informaticien sans aucun doute asocial est contacté par un sombre anarchiste (Christian Slater) pour pirater des multinationales. A première vue, l’intrigue ferait songer à un Robin des bois du hacking, tendance anticapitaliste. Mais tout se brouille, la paranoïa enfle sans limite: c’est ce qui rend la série fascinante.

France 2, dès lundi 19 septembre.

Mais aussi: dans le registre techno, TF1 lance le 6 octobre un drôle de produit, Emma, histoire d’une stagiaire de police à Paris, humanoïde…


L’envoutante: Au-delà des murs

Une maison en ville, que son propriétaire lègue à Lisa (l’actrice belge Veerle Baetens, brillante), une médecin solitaire. Elle s'installe dans la demeure, et découvre à quel point elle se révèle labyrinthique, peuplée de créatures dangereuses, conduisant à d’autres mondes. Arte fait le pari du fantastique avec cette mini-série signée Hervé Hadmar, Marc Herpoux et Sylvie Chanteux – les deux premiers s’étaient illustrés par Pigalle, la nuit et Les Témoins. Soigné, ce long métrage étendu, ou mini-série en trois parties, propose un ton unique, entre la balade irréelle et l’exploration psychologique.

Arte, jeudi 22 septembre, puis en rediffusion et rattrapage.

Mais aussi: Arte va aussi miser gros sur Cannabis, qui trace le parcours du produit et des hommes qui en vivent, du Maroc au rues de Paris.


La futuriste: Westworld

C’est l’événement de la rentrée pour HBO – et la RTS, qui la montrera 24 heures plus tard. Le poids lourd J.J. Abrams (Lost, les récents Star Trek) adapte le film Mondwest, de Michael Crichton: dans un parc d’attraction, des androïdes jouent avec le public, en le chassant à la manière du comte Zaroff. Les producteurs promettent un thriller de science-fiction en ambiance de western, le thème du parc. Pour consolider l’aventure, la distribution comprend Anthony Hopkins, Evan Rachel Wood et Ed Harris.

RTS Un, dès le 3 octobre.

Mais aussi: la RTS lancera en novembre Follow the Money (Bedrag), excellent suspense économique danois.


La sulfureuse: The Young Pope

Cette fois, on ne plonge pas dans la grande histoire, mais on donne dans la fiction papale. Et si l’église élisait Pie XIII, le premier souverain pontife italo-américain? Incarné par Jude Law, ledit pape oscille entre tous les extrêmes, du conservatisme le plus engoncé à un progressisme féroce. Et il ne manque pas de quelques péchés dans son parcours. On n’a pas encore vu, mais la promesse faite par le cinéaste Paolo Sorrentino (La Grande Belezza, Youth) est grande. D’autant qu’il s’entoure d’une troupe animée; outre l’acteur de Gattaca, la distribution comprend Diane Keaton, Cécile de France et Ludivine Sagnier.

Canal+, en octobre ou novembre.

Mais aussi: la troisième saison de Transparent, avec l’inoubliable Jeffrey Tambor, arrivera bientôt sur Amazon et OCS en France.


La socialo-polar: Norskov

Un policier revient dans sa ville natale, Norskov, avec pour mission de s’attaquer de front au trafic de drogue. Celle-ci gangrène la jeunesse locale, qui traumatise les aînés avec le cas d’une overdose. Par ailleurs, le maire nourrit de grands espoirs pour la cité. Et le policier en question doit aussi affronter son passé, comme cette vieille amie qui, elle aussi, a sombré dans la poudre… Douce et acide à la fois, Norskov, dans ses premiers épisodes, promet un polar d’une belle intensité.

Arte, cet automne.

Mais aussi: l’ultime saison de Wallander, la variante Kenneth Brannagh, arrive sur Arte et la RTS.


La sarcastique: The Night Of

Au cœur du Queens, le destin de Nasir Khan bascule en une nuit. Cet étudiant pakistanais apparemment sans histoires repousse une à une toutes les limites : l’alcool, la drogue, le sexe. Au petit matin, il se réveille accusé du meurtre de la femme avec qui il a passé la nuit, empêtré dans un procès dans lequel toutes les preuves sont contre lui, défendu par un avocat commis d’office. En huit épisodes, la mini-série produite par HBO épingle le système judiciaire américain en évitant les clichés. (texte Sylvia Revello)

Diffusée pendant l’été, elle apparaît peu à peu sur des chaînes européennes.

Mais aussi: France 3 s'est lancée dans une aventure sur le monde de la mode, une coproduction avec Amazon et la BBC, The Collection, qui devrait être lancée cet automne.


La glaciale: Jour polaire

Nouveau triomphe du nord, Canal+ commande l’un de ses deux espoirs de rentrée – avec The Young Pope – à des auteurs de Bron/Broen (The Bridge). Un Français est tué de manière particulièrement cruelle dans le nord de la Suède. Une inspectrice de Paris se rend sur les lieux et enquête avec un collègue suédois. Il va être question de crimes rituels dans ces contrées de neige. Plutôt cruel, le début du feuilleton annonce un suspense classique, et rigoureux.

Canal+, cet automne.

Mais aussi: la troisième saison de The Bridge passe ces temps sur Canal+ Séries, et devrait avoir droit à une publication en DVD.


La satanique: The Exorcist

A nouveau la déclinaison d’un film. Et un pari risqué: offrir une variation à l'historique long métrage de William Friedkin. Dans les visuels de la promotion, les concepteurs réservent d’ailleurs quelques clins d’oeil à l’affiche du film, entrée dans les mémoires, avec ce prêtre bien seul sous le lampadaire, face à la maison du diable. Grande entreprise de Fox pour cette rentrée, développée par Jeremy Slater, un nouveau venu qui a planché sur The Fantastic Four, The Exorcist semble miser sur la psychologie et la force d’impact horrifique.

Fox, dès le 24 septembre, en Suisse sur Teleclub dès le 27 septembre.

Mais aussi: dans l’épouvante, évidemment, le retour attendu de The Walking Dead, saison 7, dès le 24 octobre aux Etats-Unis et sur OCS en France.


 La mélancolique: 22.11.63

Deux noms frappent l’attention. Stephen King, bien sûr, auteur du roman. Et Kevin Macdonald, cinéaste du Dernier Roi d'Écosse. Une garantie, a priori, pour adapter ce gros livre, qui commence par un postulat simple : et si le héros pouvait revenir dans le temps et essayer d’empêcher l’assassinat de John F. Kennedy ? Ensuite, l’intrigue évolue en diverses pistes, comme souvent chez Stephen King. Qui livrait là une magnifique histoire d’amour. De quoi nourrir un feuilleton, et attiser l’impatience des amateurs.

Canal+, cet automne.

Mais aussi: sur cette chaîne également, le retour de Gomorra pour une deuxième saison.


La claustrophobique: Colony

Au-dessus du panneau «Hollywood» se dresse un mur, glaçant. Los Angeles est coupée en plusieurs quartiers isolés de force. Et occupée, par une force qui se réclame d’un pouvoir supérieur – extraterrestre ? Ou est-ce le pouvoir américain qui s’est mis sous une autorité brutale ? On l’ignore, ce qui accroît l’angoisse ambiante. Certains composent, d’autres résistent. La ligne de partage divise un couple, composé par deux figures connues, Sarah Wayne Callies (Prison Break) et Josh Holloway (Lost). Les premiers épisodes de la nouvelle création de Carlton Cuse (Lost, Bates Motel) ont de quoi intriguer.

TF1, cet automne.

Mais aussi: la même chaîne a acquis Containment, histoire de quarantaine, mini-série américaine inspirée par une fiction belge.


La royale: The Crown

Il se dit que Netflix dépasse encore une fois son record de budget. Après Marseille en France, voici une démarche nationale du géant de la vidéo en ligne en terres britanniques. Là, Peter Morgan est aux commandes, et l’auteur du film The Queen récidive, en démultipliant son ambition. Il s’agit de raconter la vie d’Elisabeth II depuis son mariage en 1947, durant 60 épisodes répartis sur six saisons… C’est plus fort que l’Hôtel de Ville de Marseille. Pour donner ses traits à sa majesté, Claire Foy a été retenue, après avoir campé Anne Boleyn dans Wolf Hall. Richesse royale.

Netflix, mise en ligne le 4 novembre.

Mais aussi: Netflix devrait aussi montrer prochainement sa série allemande, Dark, mystères autour de la disparition de deux enfants.


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