LE FILM. Quand un frère perdu de vue depuis des années vous lègue à sa mort, à vous et à vos enfants, une superbe maison, il y a de quoi lui pardonner toutes ses excentricités. Mais lorsque, installés en famille, vous vous découvrez enfermés dans la sinistre demeure, bouclés à double tour par une mécanique diabolique, les vieilles rancunes remontent à la surface. Pire: le sous-sol renferme douze fantômes et, dit un vieux grimoire, il suffira d'en créer un treizième pour que les forces du Mal soient libérées. Qui sera la victime? Vous? Ou un membre de votre famille? Réalisé en 1960, 13 Ghosts connaîtra, dès le 16 janvier sur grand écran, une seconde vie sous la forme d'un misérable remake horrifique version 2001.

LE DISQUE. Plutôt que de découvrir sa paresseuse copie, on retournera donc vers le charme intact de sa première mouture. Produit, écrit et mis en scène par le cinéaste William Castle, 13 Ghosts conserve le charme de son budget (nul) et de ses idées débrouillardes (mille). Comme quoi le système D inspire davantage que les effets spéciaux numériques d'aujourd'hui. Castle était en effet connu comme un parfait excentrique qui ne sut jamais se contenter de l'image en deux dimensions et du son. Rivalisant d'imagination avec les grands studios qui le regardaient comme une bête curieuse, il faisait intervenir des employés déguisés en monstres dans les rangées des cinémas, installait des appareils à faire trembler les sièges ou des accoudoirs qui provoquaient de petites décharges électriques dans les bras des spectateurs. Chacun de ses films était donc un mélange de cinéma et de cirque ambulant, effet difficile à restituer en DVD. 13 Ghosts et son système Illusion-O s'y prêtent. Procédé d'une simplicité enfantine, l'Illusion-O consiste à proposer au public deux possibilités: les fantômes, bleus, étant filmés dans des images entièrement bleues, il suffit de regarder à travers des lunettes bleues pour ne pas les voir. «Si, par contre, comme l'explique Castle au début de la projection, vous croyez aux fantômes, regardez à travers des lunettes rouges et ils apparaîtront!» Livré avec un filtre bleu et un filtre rouge, ce DVD constitue sans doute une réflexion très légère sur le spiritisme, mais, en tous les cas, un moment de drôlerie ectoplasmique.

1 DVD Zone 1 (Etats-Unis/Canada). Bande originale: anglaise ou espagnole (Mono). Sous-titrage: anglais, français, espagnol, portugais, chinois, coréen ou thaï. Columbia Pictures.