Chaque année en février, le rapport d’Artprice, acteur incontournable des données sur le marché de l’art, annonce les nouveaux records du secteur, en attribuant notamment la première place de l’artiste le plus cher et du pays le plus important en termes de chiffre d’affaires. Ce jeudi, en exclusivité pour l’AFP, Thierry Ehrmann, le président-fondateur du groupe français, a présenté les résultats 2014 pour le secteur des enchères publiques d’œuvres d’art.

1. Des records, encore des records

L’année dernière est exceptionnelle pour les enchères publiques d’œuvres d’art dans le monde puisque le chiffre d’affaires global, nous apprend le rapport, a connu une hausse de 26% pour s’établir à 15,2 milliards de dollars, contre 12,5 en 2013. Toujours selon Artprice, l’exercice 2014 a connu un nouveau record en termes d’enchères supérieures ou égales à un million avec un total pour cette catégorie de 1679 adjudications, soit 4 fois plus qu’il y a dix ans. On pourrait ajouter qu’en dix ans, le nombre de maisons d’enchères a lui aussi augmenté considérablement, ceci participant très certainement à cela…

2. Seulement la partie émergée du marché de l’art

Le rapport ne prend en compte qu’une petite partie du marché de l’art, puisque celui qui vient de paraître ne s’intéresse qu’aux enchères publiques. Il est bon de rappeler que les auctionneers – comme Christie’s ou Sotheby’s – multiplient les ventes privées. Les résultats de ces adjudications n’étant pas communiqués, ils n’apparaissent par conséquent pas dans les résultats d’Artprice.

3. Le biais chinois

Autre élément récurrent du rapport : sa préférence marquée pour la Chine. L’Empire du Milieu est indéniablement la locomotive du marché de l’art. Mais l’important n’est pas de savoir qui, de la République populaire ou des Etats-Unis, arrive premier en matière d’enchères publiques (Artprice place la Chine en pole position avec un marché des enchères d’œuvres d’art à 5,6 milliards de dollars en 2014, en baisse de 5% par rapport à 2013 tout de même). Il y a un an, Artprice s’est associé à Artron, son homologue chinois pour tout ce qui est statistiques et données du marché de l’art national (avec Hong Kong et Taiwan). Or cette société s’est très largement diversifiée dans toutes sortes de services proposés aux acteurs du milieu de l’art (formation des commissaires-priseurs et des collectionneurs, transport des œuvres, foires etc). Elle a donc de bonnes raisons de vouloir mettre en confiance et positiver le secteur dans lequel elle évolue.

Enfin, et ce n’est pas le moins important: ces résultats offrent un aperçu statistique et économique du marché de l’art, mais ils ne sont bien sûr d’aucune aide pour juger de la qualité des pièces qui s’y échangent.