Deux jeunes soldats anglais font la sieste dans une douce prairie. Un ordre tombe. Ils ramassent leur barda et, en quelques pas, glissent de la riante campagne française à l’enfer des tranchées. Ce 6 avril 1917, les caporaux Blake et Schofield se voient assigner une mission impossible: porter un message au colonel MacKenzie lui intimant l’ordre de ne pas attaquer le lendemain. Car le retrait des troupes allemandes est une ruse et lancer l’assaut reviendrait à envoyer 1600 hommes à la mort. Blake et Schofield s’aventurent dans le no man’s land, la caméra les talonne.

Venu de la scène théâtrale, Sam Mendes s’est frotté à Shakespeare avant de s’imposer comme un brillant cinéaste. Avec American Beauty, il décroche d’emblée l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. Il signe les remarquables Road to Perdition, Jarhead et Revolutionary Road, puis enfin Skyfall, le meilleur de tous les James Bond. Dans la foulée, il en tourne un second, Spectre, qui commence par un plan-séquence passant des rues de Mexico à une chambre d’hôtel et une poursuite sur les toits. Ce prologue lui a donné envie de prolonger l’expérience: 1917 se déroule en plan-séquence d’une fluidité époustouflante sur près de deux heures, «la meilleure façon de donner au spectateur la sensation que tout se passe en temps réel».