Eté 1942. Les Juifs étrangers pourchassés par le régime de Vichy tentent de passer en Suisse. Portes d’entrée: Genève, le Léman ou le Valais. Echouer ici ne signifie pas que l’on sera forcément refoulé là. Il faut donc insister. Les Heller, eux, vont réessayer par le col de Coux, non loin de Champéry, à l’endroit où une première fois ils se sont heurtés à des douaniers obtus. La seconde tentative sera la bonne.

Isodore Heller est un mathématicien viennois. Il est marié, père d’une fillette de 5 ans née avec une grave luxation congénitale des deux hanches. Elle est plâtrée de la taille aux genoux, en attendant une hypothétique intervention chirurgicale. La famille émigre à Paris en 1939 puis se cache non loin d’Albi, département du Tarn, dans une cabane de vigne. Ils tentent l’émigration aux Etats-Unis mais le bateau qui doit les embarquer manque de place. Le 25 août, quelqu’un avise discrètement Isodore qu’il est activement recherché et sera conduit dans un camp d’internement.