Temps des bilans, temps des comptages. C'est bien le moins dans un pays, en particulier en Suisse romande, où le monde du cinéma a continué, cette année, à s'escrimer à coups de chiffres. Chiffres de masse critique: le mouvement «Dögmeli» présentant trente films à Locarno en août. Ou chiffres critiques: le 0,79% de part de marché que les films romands grignotent péniblement dans leur propre région linguistique. Quel fut, plus largement, en 2001, le destin des films de tous horizons en Suisse romande? Combien ont-ils été distribués et de quelle provenance? Depuis le 1er janvier, environ 260 films sont sortis, dont 9 suisses (3,4%). L'origine des autres est plutôt variée. Le cinéma américain, avec 101 films, n'est pas majoritaire. Il représente 38% de l'offre, alors que l'Europe en constitue la moitié et les autres pays du monde 12% (en particulier le Japon avec 7 films, la Chine avec 6 et l'Iran avec 3). Il faut noter toutefois que le pourcentage européen est atteint pour deux tiers grâce au cinéma français (86 films).

Quand on écarte le recours au nombre d'entrées pour n'observer que la longévité des films, un classement apparaît qui met en évidence les vrais goûts du public romand: celui des films qu'il a souhaité faire durer. Ceux qui sont restés le plus longtemps dans le tableau des vingt meilleures entrées hebdomadaires sont les coups de cœur des Romands. On y trouve: Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (35 semaines à ce jour!), Tigre et Dragon d'Ang Lee (26), Pane e Tulipani coproduction suisse de Silvio Soldini (18), Shrek d'Andrew Adamson et Vicky Jenson (17), Le Tailleur de Panama de John Boorman (17), La Chambre du fils de Nanni Moretti (16), In the Mood for Love de Wong Kar-Wai (15), Le Chocolat de Lasse Hallström (14), Le Placard de Francis Veber (14) et Seul au Monde de Robert Zemeckis (14).