«João Silva est projeté presque chaque année à Visa depuis 2004-2005. Il travaille en Irak, en Afghanistan. Il est bon tout le temps. Il a été amputé en octobre 2010, après avoir sauté sur une mine dans la province de Kandahar. L’exposition qui lui est consacrée cette année est une reconnaissance de l’excellence de son travail, un hommage.

»C’est une manière de rappeler aussi combien ce métier est dangereux. 2011 a été terrible à cet égard: cinq photographes ont été tués et plusieurs blessés, dont certains très gravement. Et ce n’est pas fini, il y a eu trois blessés graves depuis le début de la semaine à Tripoli. Ces chiffres sont évidemment liés au printemps arabe. Tout le monde est armé, c’est l’anarchie.

»Cela rend la situation bien plus dangereuse que lorsqu’il y a les Tchétchènes d’un côté, les Russes de l’autre, deux camps clairement identifiables.

»L’actualité a été incroyable cette année, avec ces révolutions arabes, Haïti, le Japon, la Côte d’Ivoire… Tous les événements se sont enchaînés et, de plus, il y a eu des gros coups de news comme Oslo, les émeutes de Londres ou maintenant Irene.

»Chaque fois, les photographes sont présents.»